La nef désemparée, 1908· Éclaircies
Renaissance
Debout ! sauve ta vie, ou, l’arme au poing, succombeAux forces que suscite un combat de héros !Lâche, vas-tu pleurer les loisirs pastorauxQuand hurle l’ouragan ou tournoie une trombe ?
Déjà gît sur le sol la honteuse hécatombeDes plus prompts à saisir leurs glaives aux fourreaux ;Va, frappe ! Entasse au fond des gouffres sépulcrauxLa houle des intrus sur qui ta flèche tombe.
Ils se ruent en rumeurs hagardes ! Prends l’épieu,Frappe ! et si tu meurtris le visage d’un dieu,Que la fureur l’enflamme ou qu’un désir le brûle,
Qu’importe ? Leur défaite est sûre. Achève-la !Tu t’es dressé. La mort les harcèle, et voilàQue leur horde à son tour a pris peur et recule.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La nef désemparée, Paris, Société du Mercure de France, 1908· numérisation books.google.com· Sources