Le Jardin des Îles claires, 1901· Deux petits poèmes en manière de dédicace
I. Éveille-toi !
C’est parmi l’heure hivernale une joieDe plonger à la vitre toute fleurie de givre,Vois : les pétales qui scintillent et flamboientOuvrent des allées que veut le rêve suivre.
Éveille-toi. Le matin pur éclate et vit,C’est l’heure de l’extase où rire au soleil calme,Et rien, sinon en songe, au jardin clair, nul bruitQu’un lent frémissement imaginaire, ô palmes !
Vois revivre et fleurir en le silence vasteQue ton regard anime en frissonnant d’amour,O chère ! l’ardeur ancienne, enthousiaste,Dont t’entourait la paix de mon profond amour.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Jardin des Îles claires, Paris, Mercure de France, 1901· numérisation books.google.com· Sources