Le sang des Fleurs, 1889
I. « A midi le soleil et les astres la nuit »
A midi le soleil et les astres la nuitDispersent la toison de leur lumière blonde ;Le rire des cieux clairs épanouit le mondeEt la Terre des feux de leurs baisers reluit.
Voici donc reparu le Printemps ! Il poursuit.Haletant, enivré de sa vigueur féconde,Tout vibrant d’harmonie ineffable et profonde,La saison pluvieuse et froide qui s’enfuit.
La Terre, jeune, avec l’orgueil de l’innocence(C’est la toujours nouvelle et même renaissance),Murmure aux vents légers ses secrets palpitants.
Et Vous — ô toujours belle, ô toujours bonne Aimée,Vous êtes à jamais la saison embaumée :Votre fraîche beauté résume le Printemps.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des Fleurs, BRUXELLES, IMPRIMERIE VEUVE MONNOM, 1889· Sources