Lumières sensibles, 1926
Sillons
Les sillons frémissants si déjà Eu parcoursLe sol meurtri de nuit impuissante à l’enclore,Éclats partout jaillis d’un fixe météore,Exaltent l’herbe neuve et la bonté des jours.
Lève Le front. Une ombre glisse. Les vautoursSoudain sont dispersés dans cet éveil sonoreDe fêtes dont l’ardeur évangélique honoreLa graine que ta main lance éparse aux labours.
Arrache-toi pensif au désastre où s’embourbeUn morne rêve ; et crois, traçant la vive courbeVers l’azur transparent que Le dicte ton sort,
Qu’au havre pacifique où ton vœu pur abordeTransfiguré d’amour par ce savant essorLuiront la grave Joie et l’altière Concorde.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Lumières sensibles, Paris, Librairie de France, 1926· numérisation gallica.bnf.fr· Sources