Nuits d’Épiphanies, 1894· L’épiphanie
La propice rencontre
Voici l’aube propice et le divin matinSourire à l’Esseulé de la forêt mauvaise,L’âpre et longue rumeur des nuits lourdes s’apaise,Le chant clair du soleil s’éveille au ciel lointain.
Au frais parfum nouveau de la sauge et du thymSon âme s’éblouit et la brise qui baiseLa mer céruléenne au pied de la falaiseA refleuri d’espoir l’orgueil de son destin,
Il sent renaître en lui la gloire de la JoieEt l’ardeur de son rêve héroïque flamboieTelle la fête en feu de ce matin vermeil,
Et bientôt ses yeux voient à l’horizon très calmesAu pas de leurs chevaux et lui tendant leurs palmesLes Rois qu’il a crus morts marcher dans le soleil.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Nuits d’Épiphanies, Paris, Édition du Mercure de France, 1894· numérisation books.google.com· Sources