Récifs au soleil, 1922
Invocation
En hommage
Verlaine est là. Comme un qui, brisant son cercueil,Apparaîtrait parmi les buveurs d’une fête,Inattendu, Verlaine est là, debout, au faîte ;Nul ne dresse vers lui les fanfares d’accueil,
Nul n’incline à ses pieds les étendards d’orgueil.Il est là, qui médite et dresse haut sa tête :« Laissez-la s’apaiser de la bonne tempête »,Un sombre éclair flamboie et frémit dans son œil ;
Il est là, le front haut, en plein azur, Verlaine ;Tous nous nous sommes tus, et les bruits de la plaineCessent. Qui d’entre nous ne tressaille à son tour ?
Ah ! vivre ! Il chante encore et sa chanson est bonne,Vivre ! et dans cet émoi dont notre âme frissonne,« Mourir parmi la voix terrible de l’Amour ! »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources