Récifs au soleil, 1922· II Incipit Vita nova· Les chansons de la guette
I. « Où palpitent, merveilles ailées »
Où palpitent, merveilles ailées,Les papillons, les fleurs, les oiseaux,La lumière des nuits étoilées,Et l’écume surgissant des eaux,
Fragile aigrette que sème l’heureEn diamants d’un jet décevantQuand les soulève ou quand les effleureLe caprice mobile du vent,
Ombres douces au fond des alléesParmi les clairs jardins de l’esprit,Où palpitent, merveilles ailées,Tout ce qui chante et tout ce qui rit,
Je vois naître où la grâce palpiteDès qu’y vibre un parfum de beauté,Je vois naître en le charme d’un siteD’hiver songeur ou de tendre été,
Aux lumières des nuits étoilées,En l’écume surgissant des eaux,Dans toutes les merveilles ailées,Aux papillons, aux fleurs, aux oiseaux,
Blottis ou tremblant dans le feuillage,Je ne sais quel prestige pieuxQui, Chère ! m’enchante, et se dégageDans l’étincellement de tes yeux.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Récifs au soleil, Amiens, Librairie Edgar Malfère, 1922· numérisation books.google.com· Sources