Stèle à demi dans l’ombre, 1947
II. « Aux cimes d’un illustre destin »
Aux cimes d’un illustre destinQuand tu nous apparus solitaireDans l’enveloppement du matinQui te dégage de son mystère,Soudain, sous le ciel pur, glorieux,Où, libre, l’univers se dévoile,L’arc à la main, au front une étoile,Tu surgis, chasseur impérieux.
Tu perçois le vrai sens de la fableCréant demain d’un reflet d’hier,Et, fixant à ton gré l’ineffableHoule née aux sursauts de la mer,Tu décèles de visions nettesMaints secrets qu’il te plaît de prévoir,Et l’ample rigueur de ton savoirSoumet à ses décrets les planètes.
À chaque être vivant la Parque assigne un sortDont la juste cadence est préditeAu sage, par la ligne et l’accordDes formes d’or qu’il forge ou médite.La grâce, Ô Danseuse, de tes pasSubmerge et brûle de son prestigeL’attentif penseur que tu drapasDes voiles d’un étrange vertige :
Élan séraphique, charme prompt,Cygnes d’une aérienne allure,L’exacte courbe de ta structureS’entrecroise, bondit, et s’interrompt,
29 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Stèle à demi dans l’ombre, Paris, Librairie Garnier Frères, 1947· numérisation gallica.bnf.fr· Sources