Stèle à demi dans l’ombre, 1947
III. « Inexpiable été, d’un tel crêpe couvert »
Inexpiable été, d’un tel crêpe couvert !
La muette étendue est morne du désastre,La lune calme luit sur le tertre désertOù fume encor la torche encastrée au pilastre.
Tant de silence au ciel et tant de profondeurSous la lente clarté s’exhalent d’astre en astre :— De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur ?
Viens, regarde à tes pieds. Au loin, sous la terrasseLe fleuve et la cité s’oublient en leur grandeur ;L’immuable sommeil assoupit tout l’espace ;
Nocturne solitude où s’absorbe l’espritDu héros révéré par les forts de sa race,Un effluve en émane, et l’âme s’en nourrit.
Nymphes des eaux, avant que le jour s’éclaircisse,Consacrez de vos chants dans le rite prescritL’offrande sans méprise et l’ardent sacrifice
Par qui soient apaisés les mânes de Narcisse :
PLACANDIS NARCISSI MANIBUS.
20 Juillet 1946.
17 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Stèle à demi dans l’ombre, Paris, Librairie Garnier Frères, 1947· numérisation gallica.bnf.fr· Sources