Vers l’azur, 1931
XI. Danseuse
Précise, si ton corps s’assouplit et s’étireSuivant le rythme de tes pas, dans le sourireDes voiles ondoyant de tes pieds à ton front,Quels invisibles vols d’abeilles blottirontDans tes cheveux, dans ton visage aux lèvres closesLa bourdonnante ardeur d’envier à tes rosesLe suc voluptueux d’un nectar plus subtil ?Rare douceur perlant à l’ineffable cilDu fond des yeux baissés sur un trésor de joies !Et tu te tends, et tu te dresses, tu reploiesPour toi seule l’élan des ailes vers l’azur,Quand t’exaltent déjà du prodige futurOù ton vœu de danser en plein ciel s’accomplisse,Le rêve harmonieux et l’arômal délice.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources