Vers l’azur, 1931
X. Fenêtre
les doigts prestes posés où s’écarte le storeTendent avec tes seins au matin qui les doreUne chair neuve et nue avide du soleil.A peine pare-t-il les arbres d’un éveilFurtif, soudain mêlé d’ailes et de corolles,Tu t’absorbes pensive en toi-même, et t’affolesD’assouvir sous tes yeux mi-clos le fort désirD’être ivre d’un bonheur qu’un rêve a fait surgirSitôt qu’un bouvreuil chante ou qu’une fleur s’effeuilleSeul à sourire, un pli de ta lèvre recueilleL’émoi divinisé de naître tel et purVers le naïf triomphe en cet essor futurQuand s’épuisent, fondus au délice d’éclore,Les aveux d’un souhait virginal qui s’ignore.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources