Vers l’azur, 1931
XIII. Source
La source dont j’entends s’allumer au buissonL’envol capricieux modulé par le sonStellaire et frémissant au secret de la mousse,Se prolonge ou s’allège, à la fois brusque et douce,Parce que lente à l’aube ou crispée en la nuit,Elle suscite un ardent rêve où me conduitLa folle soif de me mêler à son aurore.Je tends les doigts. Déjà la source s’évapore.Tendre mousse mouillée où mes yeux n’ont pu voirSourdre l’éclair jailli dans l’extase du soirVers les cieux embrasés d’une pourpre inconnue,Au jour m’ouvriras-tu ta fraîcheur prompte et nuePour que fondent en moi, sacré par cet éveil,Ta lumière et le chant liquide du soleil ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources