Vers l’azur, 1931
XIV. Byblis
Caresse, exalte, dompte à ton gré. Que ton gesteRieur et fier soit un triomphe dont s’attestePour tel qui t’aime, joie embrasant le ciel bleu,Le fauve et doux éclat de tant de pourpre en feuOù, fiévreuse et pâmée aux brûlures du fleuve,Mon éternelle soif en tes baisers s’abreuve.Ruisselle, flamme, orgueil des yeux sous ce front durPeut-être y jaillira dans le plus calme azurQuelque propice dieu qui viendra, moins hautaineTe changer, ô Byblis ! en chanteuse fontaine,Et mes lèvres enfin, frissonnant aux roseaux,S’épuiseront d’amour et fondront sous tes eaux.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources