Vers l’azur, 1931
XXII. Sur la plage
Cheville nue, onyx enrubanné d’écumeScintillante et qui glisse autour de ce roc durFixé par ton orteil au sable, d’où s’allumeTout un corps immobile étiré vers l’azur,
Cheville nette, nœud de chair flexible, empliePar une courbe brève et drue, à la fiertéD’un pied calme l’élan par tes jambes se lieD’un vertige éperdu dans tes yeux suscité ;
O nerveuse cheville en qui frémit l’ivresseD’aspirer près des flots les effluves du ciel,L’air sensuel te frôle, et pâme, et te caresseComme la mer s’apaise à ton contact charnel.
Les seins aigus, les mains aux cheveux, qu’éparpilleLa brise douce, et ton clair visage si beau,Tes hanches, tes genoux : gloire vraie ! - et chevilleD’où ta splendeur s’embrase et brûle, cher flambeau !
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers l’azur, Bruxelles, Société des Bibliophiles et Iconophiles de Belgique, 1931· numérisation gallica.bnf.fr· Sources