Le Géranium ovipare, 1935· Une demi-douzaine de pseudo-sonnets truculents ou familiers
Adieux au limosin
La campagne ? Mais c’est bon pour les petits oiseaux.Nestor Roqueplan.
Flaves guérets de Beauce, âpre lande bretonne,clairs ruisseaux du Forez, étangs noirs de la Crau,coteaux du Bordelais que le pampre festonne,pacages limosins que broute le taureau,
sous les frimas d’hiver ou la pourpre d’automne,comme en la prime-vère où fleurit le sureau,la campagne toujours me sembla monotoneet bête comme un vers d’Hégésippe Moreau !
Donc je te quitte enfin, pays de la châtaigne.Va ! je pars sans regret bien que novembre teignede cinabre, ce soir, l’ocre de tes couchants
et toi par qui fulgure en nos cœurs l’étincelle,ô grand Méhul, je sais une chose plus belleque le Chant du départ, c’est le départ des champs !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Géranium ovipare, Paris, JOSÉ CORTI, 1935· numérisation wikisource.org· Sources