Émaux et camées, 1872
Coquetterie posthume
Quand je mourrai, que l’on me mette,Avant de clouer mon cercueil,Un peu de rouge à la pommette,Un peu de noir au bord de l’œil.
Car je veux, dans ma bière close,Comme le soir de son aveu,Rester éternellement roseAvec du kh’ol sous mon œil bleu.
Pas de suaire en toile fine,Mais drapez-moi dans les plis blancsDe ma robe de mousseline,De ma robe à treize volants.
C’est ma parure préférée ;Je la portais quand je lui plus.Son premier regard l’a sacrée,Et depuis je ne la mis plus.
Posez-moi, sans jaune immortelle,Sans coussin de larmes brodé,Sur mon oreiller de dentelleDe ma chevelure inondé.
Cet oreiller, dans les nuits folles,A vu dormir nos fronts unis,Et sous le drap noir des gondolesCompté nos baisers infinis.
Entre mes mains de cire pâle,Que la prière réunit,Tournez ce chapelet d’opale,Par le pape à Rome bénit :
Je l’égrènerai dans la coucheD’où nul encor ne s’est levé ;Sa bouche en a dit sur ma boucheChaque Pater et chaque Ave.
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a mette / pommette féminine, classiqueb cercueil / l’œil masculine, classiquea close / rose féminine, classiqueb aveu / bleu masculine, classiquea fine / mousseline féminine, classiqueb blancs / volants masculine, classiquea préférée / sacrée féminine, classiqueb plus masculine, classiquea immortelle / dentelle féminine, classiqueb brodé / inondé masculine, classiquea folles / gondoles féminine, classiqueb unis / infinis masculine, classiquea pâle / d’opale féminine, classiqueb réunit / bénit masculine, classiquea couche / bouche féminine, classiqueb levé / Ave masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Émaux et Camées, G. CHARPENTIER et E. FASQUELLE, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources