La comédie de la mort, 1838
Romance
I
Au pays où se fait la guerre,Mon bel ami s’en est allé ;Il semble à mon cœur désoléQu’il ne reste que moi sur terre !En partant, au baiser d’adieu,Il m’a pris mon âme à ma bouche.Qui le tient si longtemps ? mon Dieu !Voilà le soleil qui se couche,Et moi, toute seule en ma tour,J’attends encore son retour.
II
Les pigeons, sur le toit, roucoulent,Roucoulent amoureusement,Avec un son triste et charmant ;Les eaux sous les grands saules coulent.Je me sens tout près de pleurer ;Mon cœur comme un lis plein s’épancheEt je n’ose plus espérer.Voici briller la lune blanche,Et moi, toute seule en ma tour,J’attends encore son retour.
III
Quelqu’un monte à grands pas la rampe,Serait-ce lui, mon doux amant ?Ce n’est pas lui, mais seulementMon petit page avec ma lampe.Vents du soir, volez, dites-luiQu’il est ma pensée et mon rêve,Toute ma joie et mon ennui.Voici que l’aurore se lève,Et moi, toute seule en ma tour,J’attends encore son retour.
Versification
- Forme
- Dizains
- Rimes
- 3(abbacdcdee)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 1 dizain
- Mots à la rime
- a guerre / terre féminine, classiqueb allé / désolé masculine, classiquec d’adieu / Dieu masculine, classiqued bouche / couche féminine, classiquee tour / retour masculine, classiquea roucoulent / coulent féminine, classiqueb amoureusement / charmant masculine, classiquec pleurer / espérer masculine, classiqued s’épanche / blanche féminine, classiquea rampe / lampe féminine, classiqueb amant / seulement masculine, classiquec dites-lui / ennui masculine, classiqued rêve / lève féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
30 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Comédie de la mort, Paris, DESESSART, ÉDITEUR, 1838· numérisation inlibroveritas.net· Sources