Poésies nouvelles, poésies inédites et poésies posthumes, 1872
A Claudius Popelin
Le Temps efface l’Art‖ avec un doigt trop prompt,Et l’Éternité manque‖ à la forme divine.Le Vinci sous son crêpe‖ à peine se devine,Et de Monna Lisa‖ l’ombre envahit le front.
Ce que nos yeux ont vu,‖ bien peu d’yeux le verront.On cherche au Vatican‖ Raphaël en ruine,Michel-Ange s’éteint‖ aux murs de la Sixtine,Comme Apelle et Zeuxis‖ ils s’évanouiront.
Mais toi, mon Claudius,‖ tu fixes ta pensée ;Tel que l’ambre une fleur,‖ l’immarcescible émailContre les ans vaincus‖ abrite ton travail.
Des reflets de l’iris‖ ton œuvre est nuancée,L’ardente transparence‖ y luit sur le paillon,Et chez toi l’Idéal‖ a toujours son rayon.
1866.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eff egg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a prompt / front masculine, classiqueb divine / devine féminine, classiquec verront / s’évanouiront masculine, classiqued ruine / Sixtine féminine, classiquee pensée / nuancée féminine, classiquef émail / travail masculine, classiqueg paillon / rayon masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources