Poésies nouvelles, poésies inédites et poésies posthumes, 1872
L’hirondelle
Je suis une hirondelle‖ et non une colombe,Ma nature me force‖ à voltiger toujours.Le nid où des ramiers‖ s’abritent les amours,S’il y fallait couver,‖ serait bientôt ma tombe.
Pour quelques mois, j’habite‖ un créneau qui surplombe,Et vole, quand l’automne‖ a raccourci les jours,Pour les blancs minarets‖ quittant les noires tours,Vers l’immuable azur‖ d’où jamais pleur ne tombe.
Aucun ciel ne m’arrête,‖ aucun lieu ne me tient,Et dans tous les pays‖ je demeure étrangère ;Mais partout de l’absent‖ mon âme se souvient.
Mon amour est constant,‖ si mon aile est légère,Et sans craindre l’oubli,‖ la folle passagèreD’un bout du monde à l’autre‖ au même cœur revient.
1867.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc ddc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a colombe / tombe féminine, classiqueb toujours / amours masculine, classiquea surplombe / tombe féminine, classiqueb jours / tours masculine, classiquec tient / souvient / revient masculine, classiqued étrangère / légère / passagère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Second, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1890· numérisation Project Gutenberg· Sources