Poésies, 1833
Pensées d’automne
La rica autouna s’es passada
L’hiver suz un cari tourat
S’en ven la capa ementoulada
D’un veû neblouz enjalibrat.Son autounous.
L’automne va finir ;‖ au milieu du ciel terne,Dans un cercle blafard‖ et livide que cerneUn nuage plombé,‖ le soleil dort : du fondDes étangs remplis d’eau‖ monte un brouillard qui fondCollines, champs, hameaux‖ dans une même teinte.Sur les carreaux la pluie‖ en larges gouttes tinte ;La froide bise siffle ;‖ un sourd frémissementSort du sein des forêts ;‖ les oiseaux tristement,Mêlant leurs cris plaintifs‖ aux cris des bêtes fauves,Sautent de branche en branche‖ à travers les bois chauves,Et semblent aux beaux jours‖ envolés dire adieu.Le pauvre paysan‖ se recommande à Dieu,Craignant un hiver rude ;‖ et moi, dans les vallées,Quand je vois le gazon‖ sous les blanches geléesDisparaître et mourir,‖ je reviens à pas lentsM’asseoir le cœur navré‖ près des tisons brûlants,Et là je me souviens‖ du soleil de septembreQui donnait à la grappe‖ un jaune reflet d’ambre,Des pommiers du chemin‖ pliant sous leur fardeau,Et du trèfle fleuri,‖ pittoresque rideauS’étendant à longs plis‖ sur la plaine rayée,Et de la route étroite‖ en son milieu frayée,Et surtout des bleuets‖ et des coquelicots,Points de pourpre et d’azur‖ dans l’or des blés égaux.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a terne / cerne féminine, classiqueb fond masculine, classiquea teinte / tinte féminine, classiqueb frémissement / tristement masculine, classiquea fauves / chauves féminine, classiqueb adieu / Dieu masculine, classiquea vallées / gelées féminine, classiqueb lents / brûlants masculine, classiquea septembre / d’ambre féminine, classiqueb fardeau / rideau masculine, classiquea rayée / frayée féminine, classiqueb coquelicots / égaux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources