Poésies, 1833
Rêve
Et nous voulons mourir quand le rêve finit.A. Guiraud.
Voici ce que j’ai vu‖ naguère en mon sommeil :Le couchant enflammait‖ à l’horizon vermeilLes carreaux de la ville ;‖ et moi, sous les arcadesD’un bois profond, au bruit‖ du vent et des cascades,Aux chansons des oiseaux,‖ j’allais, foulant des fleursQu’un arc-en-ciel teignait‖ de changeantes couleurs.Soudain des pas légers‖ froissent l’herbe ; une femme,Que j’aime dès longtemps‖ du profond de mon âme,Comme une jeune fée‖ accourt vers moi ; ses yeuxA travers ses longs cils‖ luisent de plus de feuxQue les astres du ciel ;‖ et sur la verte mousseA mes lèvres d’amant‖ livrant une main douce,Elle rit, et bientôt‖ enlacée à mes brasMe dit, le front brûlant‖ et rouge d’embarras,Ce mot mystérieux‖ qui jamais ne s’achève : —O nuit trompeuse ! — Hélas !‖ pourquoi n’est-ce qu’un rêve ?
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distique
- Mots à la rime
- a sommeil / vermeil masculine, classiqueb arcades / cascades féminine, classiquea fleurs / couleurs masculine, classiqueb femme / âme féminine, classiquea yeux / feux masculine, classiqueb mousse / douce féminine, classiquea bras / d’embarras masculine, classiqueb s’achève / rêve féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies Complètes, Tome Premier, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1889· numérisation Project Gutenberg· Sources