Poèmes parisiens, 1897· Almanach
Athlète
Autrefois on avait du goût pour les chloroses,On flagellait sa chair pour se pâlir le teint ;Quand on mangeait, c’était un repas clandestin ;Et l’on mourait, plutôt qu’avoir les lèvres roses.
Romantiques noyés dans le bleu, les névrosesSecouaient votre corps chétivement éteint.Un poumon attaqué, tel était le destin :La mort trouvait en vous l’avocat de ses causes.
Aujourd’hui c’est la vie âpre, la volontéDe se tenir debout, hautain et respecté,De ne plus conquérir par la pitié les femmes.
Si l’Homme pour les dieux défunts est moins dévot,Les muscles sont puissants et puissantes les âmes :Un corps d’athlète enfin doit porter le cerveau.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes parisiens, Paris, IMPRIMÉ POUR HENRI BERALDI, 1897· numérisation gallica.bnf.fr· Sources