Poèmes parisiens, 1897· Almanach
Chanson quelconque
Malgré maintes déconvenues,Et l’averse tombant des nues,Aux marronniers des avenuesDéjà les feuilles sont venues.
On va voir les thyrses tremblantsSecouer leurs encensoirs blancsAu profit de promeneurs lentsQue guettent les rêves troublants…
Semblant troublants, semblant tremblants.Le long de toutes les cornichesLes oiseaux se feront des niches,Ninis zélés pour leurs ni niches,Ils jaseront : « Dis où tu niches ? »En tournant autour des corniches.
Les passants les imiteront.Ils aimeront, se marieront,Nul, au printemps, n’aurait le frontD’empêcher de danser en rond…Puis, peut-être, ils divorceront.
Malgré maintes déconvenuesEt l’averse fluant des nues,Aux platanes des avenuesDéjà les feuilles sont venues…Ainsi que des chansons cornues.
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes parisiens, Paris, IMPRIMÉ POUR HENRI BERALDI, 1897· numérisation gallica.bnf.fr· Sources