Poèmes parisiens, 1897· Ciels de lit
En regardant les étoiles du bout d’un mirliton
Une nuit d’août, à ma fenêtre,Je respirais l’air peu champêtreQue Dieu distribue à Paris,Et je voyais, vives ou lentes,Passer les étoiles filantesSur les zodiaques surpris.
Sans doute les Houris s’amusentA voir si leurs diamants s’usentA rayer la glace des cieux ;Elles y tracent, ces commères,Les arabesques éphémèresDe nos amours capricieux.
Sous le ciel de lit immobile,La passion, s’allume et filePour disparaître sans retour.Quand donc, en un ciel moins prolixe,Trouverai-je une étoile fixe,Une étoile fixe d’amour ?
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes parisiens, Paris, IMPRIMÉ POUR HENRI BERALDI, 1897· numérisation gallica.bnf.fr· Sources