Le Cœur Solitaire, 1895· I
VI. « Aime : la bouche aimée est savoureuse et chaude »
Aime : la bouche aimée‖ est savoureuse et chaude,Et ton amante nue‖ est un rosier vermeil ;Mais sache que le miel‖ enivre de sommeilLa cétoine, émeraude‖ amoureuse des roses.
La gloire te sourit‖ en aïeule ridée :Reste obscur. Passe vite‖ auprès des philosophesQui t’offrent sous un jour‖ propice leurs idéesComme les marchands font‖ miroiter leurs étoffes.
Les dieux sont paternels‖ au mortel pieux : prie,Afin qu’autour de ta‖ maison les arbres ploientSous les fruits, que ta ruche‖ accroisse sa rumeur.
Attends la mort comme une‖ amie, et que ton coeurTe soit un calme ciel‖ intérieur où brilleLa lumière toujours‖ égale des étoiles.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources