Au clair de la dune, 1909
XXXV. Bains nocturnes
Lorsque, rougissant comme une neuve épousée,Le soleil dans la mer s’est caché, l’alme nuitEnvahit et la dune et la plage apaisée…
Le flot d’encre succède au flot d’encre, sans bruit.
C’est l’heure originale où les femmes de chambreEt les femmes de feux, économiquement,Vont offrir à la mer leur ivoire et leur ambre…
Or, le flot cajoleur les reçoit galamment.
La vague prête aux chairs de sa phosphorescence :Ombres chinoises d’un bol de punch émergeant !Au ras de l’océan c’est une effervescence
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources