Au clair de la dune, 1909
Boniment
Muse, O ma Muse ultra-moderne,Dans ton maillot de bain à jours,S’agit de n’être point baderneEt d’esquisser d’adroits bonjours…
Or, faisant grave sa trombine,Ma Muse, aux hanches les deux poings,Émit, du seuil de sa cabine,Ce speech que j’approuve en tous points :
« Benoît lecteur, lectrice gente,Malgré votre air plutôt moqueur,Sans vouloir fuir par la tangente,Cœur en bouche et la bouche en cœur,
»Je vous présente ce volumeQui n’offre rien de doctoral,Coups de crayon ou coups de plumeEn simple honneur du littoral.
»Folles balades sur la plage,Dans la brise, au long de la mer,Interviewant le coquillageSous des ciels d’encre ou d’outremer.
»L’album qu’ici je vous présenteEst fait de soleil et de vent,De l’écume phosphorescenteEt des soupirs du flot mouvant…
»Si quelque quatrain te la coupe,Benoît lecteur, sois tolérant,Car je fis ces vers en tirant(Ah ! l’exquis féminin) ma coupe. »
28 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources