Au clair de la dune, 1909
I. Ostende
Ostende !… Ostende est la reine des plages,Elle commande à tout le littoral.Son sceptre est d’or et les plus beaux miragesSe font réels sur son sable idéal.
Dispensatrice attirée et subtileDe toute joie et des nobles plaisirs,Elle sait joindre à l’agrément l’utileEt satisfaire aux plus vastes désirs.
Sur cet Éden que l’Europe patronne,Le succès fait flotter son étendard,Il veut tous les fleurons à sa couronne,Et rêva d’être d’Ostende — Centre d’Art.
Or, pour lui faire une digne auréole,Rois de la brosse et rois de l’ébauchoir,Dieux de la science et Dieux de la parole,Rivalisaient d’art et de beau savoir.
Ville de luxe, attirance profonde,Où la beauté brille en un cadre exquis,De ses flots verts sortit Vénus la BlondeEt tous les cœurs par elle sont conquis.
Vraiment, Ostende est la Reine des Plages,Elle commande à tout le littoral.Son sceptre est d’or et les plus beaux miragesSe font réels sur son sable idéal !
24 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources