Au clair de la dune, 1909
XIX. Heure du bain
Sur le sable mouillé la lourde et large roueCrie : hop ! hop ! la cabine est à l’eau. Bras menus,Cous bruns et ronds vont luire au rayon qui tatoue…
Et le chaud soleil mord cous ambrés et bras nus.
Le torse cambre et craque au maillot qui frissonne,Le vent du nord halète et moule à plans osésLe contour lumineux qui se désemprisonne…
Et l’immodeste brise applique des baisers.
Agrafant des colliers aux gorges dédaigneuses,Le flot rieur flagelle et bat les souples flancs,Malgré vos cris mignards, ô poltronnes baigneuses…
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources