Au clair de la dune, 1909
XXII. Offertoire
Il était nuit. La mer en grand deuil célébraitLa mort du jour. Le chœur des frigides ténèbresDescendait du ciel triste et noir qui s’éclairaitD’étoiles, clous d’acier de ces dômes funèbres.
Un vent morne courbait au loin les flots grandis ;L’océan larmoyait des hymnes mortuaires,Orgue géant qui râle un lent De Profondis,Et la vague semblait agiter des suaires…
La lune, triomphante et ronde, arda soudain.Or, son disque flottant sur la mer incertaine,Des grands oiseaux de nuit le funéraire essaimS’en vint à très longs cris baiser cette patène.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources