Au clair de la dune, 1909
XXXVIII. Voiles de plage
Ce sont les claires oriflammesQue sur les chignons plante Éros,Battant comme ailes d’albatros,Tirebouchonnant, blanches flammes !
Sous la brise, en flots onduleux,Ils montent comme des fuméesS’évaporant dans les airs bleus,Encens des nuques parfumées.
Ramenées sur le visage, ilsOnt les mystères puérilsDes brumes dont le soir se voile.
La plage est le couvent des cœursOù ces dames prennent, en chœurs,Paradoxalement le voile !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Au clair de la dune, Bruxelles, OSCAR LAMBERTY, ÉDITEUR, 1909· numérisation gutenberg.org· Sources