Rimes de joie, 1881
Ex-Voto
JE ne veux plus aimer que toi, toi seule au monde !Sois ma boussole, sois ma joie et ma douleur.Mes frères m’ont trahi, j’ai sur leur tombe immondeMis mon talon — bien fort — sans un cri, sans un pleur.
Je ne crois plus en rien hormis en ta tendresse.Tout est faux excepté ton sourire joyeuxOu la larme qui tremble à tes cils, ô maîtresse !Je ne veux d’autre ciel que le ciel de tes yeux.
À tes genoux je mets mon orgueil et mon culteEt mes plus chers espoirs et mon âme en tumulteOù ton amour entra comme un coup de couteau.
Je veux r’ouvrir l’alcôve aux candeurs exilées…Pour sceller ma promesse, aux pointes effiléesDe tes seins, je suspends mon cœur — en ex-voto !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes de joie, Bruxelles, Gay et Doucé, éditeurs, 1881· numérisation wikisource.org· Sources