Rimes de joie, 1881
Lilas Blancs
À Louise Abbéma.
PROVOQUANTE — et parisienneJusqu’à la pointe de ses cilsSes grands yeux, fripons et subtils,S’allongent, surchauffés de Sienne.
Elle émerge du cadre d’or,La vivante fleur du bitume !Floraison blonde que parfumeLe moos-rose ou le cosmydor.
Dans le satin Vert-VéronèseTurbule sa grâce d’enfant,Enfant dont l’appel triomphantDompterait Hercule Farnèse.
Ses poignets frêles, jamais las,Et ses fines mains long-gantéesS’étoilent des fleurs argentéesD’un bouquet de pâles lilas.
En elle tout est fièvre et joie !Le rayon de sa bouche en cœurDes noirs décembres est vainqueur ;C’est Avril en robe de soie.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Rimes de joie, Bruxelles, Gay et Doucé, éditeurs, 1881· numérisation wikisource.org· Sources