L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
À dieu
Ô Dieu, Juge infaillible‖ et Sagesse suprême,S’il est vrai que tu sois,‖ toi que j’ai blasphémé ;S’il est vrai que je doive‖ un jour, nu, désarmé,Au pied de ta justice‖ abattre mon front blême :
Tu me pardonneras‖ mes cris et mon blasphème,Car j’en suis innocent‖ et je t’aurais aimé ;Le crime est au destin ;‖ ses coups m’ont déformé :La douleur veut qu’on doute‖ et ne veut pas qu’on aime.
Tu sais, et tu sais seul,‖ quel désespoir secret,S’acharnant sur ce cœur‖ maudit, le dévorait ;Seul, tu connais combien‖ la plaie était profonde.
J’ai tu mon mal à ceux‖ dont l’âme en eût souffert,Et stoïque damné‖ qui souriais au monde,J’ai fait rire mes pleurs‖ et chanter mon enfer !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a suprême / blême féminine, classiqueb blasphémé / désarmé masculine, classiquea blasphème / aime féminine, classiqueb aimé / déformé masculine, classiquec secret / dévorait masculine, classiqued profonde / monde féminine, classiquee souffert / enfer masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources