L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
Campo Santo
C’est comme un champ de mort‖ qui remplit l’horizon :Mon cœur, blanc de tombeaux,‖ s’étend sous l’ombre morneOù ma strophe, parmi‖ les vieux marbres qu’elle orne,Balance éperdûment‖ sa grise floraison.
Ni le sol, ni le ciel,‖ rien n’a plus de saison :Aucun astre ne luit‖ sur ce désert sans borne,Hors la lune, croissant‖ que le nuage écorneEt qui fait grelotter‖ mes morts dans leur prison.
Tout dort : joie, espérance,‖ amour, vertu, courage ;Mon cimetière est plein‖ des forces d’un autre âge,Et je n’ai pas encor‖ compté tous mes cercueils.
Mais parfois, mes damnés,‖ hurlant dans la nuit noire,Se lèvent, comme pour‖ insulter à mes deuils,Et leurs spectres railleurs‖ dansent dans ma mémoire.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a l’horizon / floraison masculine, classiqueb morne / orne féminine, classiquea saison / prison masculine, classiqueb borne / écorne féminine, classiquec courage / âge féminine, classiqued cercueils / deuils masculine, classiquee noire / mémoire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources