L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· Le soir
La lune
À LOUIS BOUQUET
Pleine et ronde, du bord‖ de l’horizon dormant,La Lune, avec lenteur,‖ s’enlève, solitaire ;Et son disque éclatant‖ monte dans le mystèreDu grand ciel nu qui fuit‖ silencieusement.
Sa clarté qui rayonne‖ emplit le firmament :Or, c’est un globe éteint,‖ un astre involontaire,Un miroir sans chaleur‖ esclave de la terre,Et sa calme splendeur‖ n’est qu’un reflet qui ment.
— Tel est mon cœur, hélas :‖ inerte, froid et vide,N’ayant pour s’éclairer‖ que la lueur livideD’une vie et d’un monde‖ où tout est mort pour lui.
Mon cœur, qui, seul, perdu‖ dans l’immensité noire,Suit l’orbe irrésistible‖ où m’entraîne l’ennui,Et roule en plein néant,‖ sans force et sans mémoire.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a dormant / silencieusement masculine, classiqueb solitaire / mystère féminine, classiquea firmament / ment masculine, classiqueb involontaire / terre féminine, classiquec vide / livide féminine, classiqued lui / l’ennui masculine, classiquee noire / mémoire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources