L’Âme nue, 1885· I La vie extérieure Les lois — les cultes — les formes· Les formes
Le vieux christ
À ÉDOUARD D’OTÉMAR
Très loin, sous la falaise‖ aux murs profonds et droits,Le vent berce le cri‖ vespéral des macreuses ;La lande rousse endort‖ ses ornières ocreusesQue le soleil couchant‖ fait saigner par endroits.
Seul, vers le ciel morbide‖ où des nuages froidsTraînent avec ennui‖ leurs masses douloureuses,Debout dans l’herbe rare‖ et les roches lépreuses,Un Christ exténué‖ tend ses deux bras en croix.
Son socle crevassé‖ sort d’une fondrière ;Et lui, penchant son front‖ lassé de la prière,Comme pour être deux‖ se regarde dans l’eau :
Mais l’onde, dont son œil‖ scrute en vain les mystères,Ne lui montre au miroir‖ que son propre tableauEt l’immense douleur‖ des âmes solitaires.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a droits / endroits masculine, classiqueb macreuses / ocreuses féminine, classiquea froids / croix masculine, classiqueb douloureuses / lépreuses féminine, classiquec fondrière / prière féminine, classiqued l’eau / tableau masculine, classiquee mystères / solitaires féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources