L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· L’aube
Romance
— Les vierges fleurs, ouvrant‖ leurs minces corsets verts,Se roulaient dans l’amour‖ du soleil, nonchalantes.Elles disaient : « Qui donc‖ a parfumé tes vers ? »Mais je n’ai pas voulu‖ me confesser aux plantes.
— La lune miroitait‖ sur le crêpe des flotsComme un collier d’argent‖ sur un torse de veuve.L’eau chantait : « Vers qui donc‖ descendent tes sanglots ? »Mais je n’ai pas voulu‖ répondre aux voix du fleuve.
— Les astres clignotaient‖ dans un brouillard subtil,Pareils à des regards‖ souriant sous les voiles ;Leurs yeux interrogeaient :‖ « De quels yeux rêve-t-il ? »Mais je n’ai pas voulu‖ te nommer aux étoiles.
Car j’ai fermé ma lèvre‖ et mon cœur aux aveux ;Et doive mon secret‖ me peser plus encore,Je saurai le garder‖ pour toi seule, et je veuxQue rien ne sache, au monde,‖ à quel point je t’adore !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a verts / vers masculine, classiqueb nonchalantes / plantes féminine, classiquea flots / sanglots masculine, classiqueb veuve / fleuve féminine, classiquea subtil / rêve-t-il masculine, classiqueb voiles / étoiles féminine, classiquea aveux / veux masculine, classiqueb encore / t’adore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources