L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· L’aube
Romance
À tout petits pas,‖ lente et les pieds las,Elle allait, flairant‖ les fleurs d’un air tendre ;Un nid gazouillait‖ au fond d’un lilas,Et Jeanne s’assit,‖ s’assit pour attendre.
Les petits oiseaux‖ prenaient leurs ébats,Et Jeanne rougit,‖ rougit sans comprendre ;La brise se prit‖ à siffler très bas,Et Jeanne se tut,‖ se tut pour entendre.
Son cœur et le nid‖ chantaient tous les deux,Et le vent câlin‖ chantait autour d’eux :« Quand vient le printemps,‖ les bourgeons fleurissent. »
La mère fauvette‖ alla, vint, partit,Revint, sautilla,‖ piqua l’herbe, et dit :« Quand vient le printemps,‖ les nids se remplissent. »
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abab abab ccd eed
- Mètre
- Décasyllabes· profil 5+5
- Mots à la rime
- a las / lilas masculine, classiqueb tendre / attendre féminine, classiquea ébats / bas masculine, classiqueb comprendre / entendre féminine, classiquec deux / d’eux masculine, classiqued fleurissent / remplissent féminine, classiquee partit / dit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources