L’Âme nue, 1885· II La vie intérieure L’aube — midi — le soir· L’aube
Romance
C’est une puissance inconnueQui nous a perdus sous les bois :Ma main brûlait dans sa main nueEt mes doigts tremblaient dans ses doigts.
Le vent sautait de branche en branche,Soupirant des vœux sans aveux,Et pour baiser sa nuque blancheParfois soulevait ses cheveux.
Il me les jetait comme un voileDe parfums tièdes et d’ors roux ;Il gonflait sa robe de toile,Et la plaquait sur mes genoux.
Mon front roulait dans les vertiges ;Le bois chantait, profond et noir :Les fleurs, en jasant sur leurs tiges,Se bousculaient pour nous mieux voir…
Elle cueillit à son corsageUne rose qu’elle m’offrit :— « Je t’aime… — Je meurs. — Soyez sage,« On parle ! — C’est le vent qui rit.
— « Vous m’oublierez. — Tes mains sont douces !— « Je suis bien lasse. — Je suis las… »Oh ! la complicité des moussesEt la traîtrise des lilas !
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a inconnue / nue féminine, classiqueb bois / doigts masculine, classiquea branche / blanche féminine, classiqueb aveux / cheveux masculine, classiquea voile / toile féminine, classiqueb roux / genoux masculine, classiquea vertiges / tiges féminine, classiqueb noir / voir masculine, classiquea corsage / sage féminine, classiqueb m’offrit / rit masculine, classiquea douces / mousses féminine, classiqueb las / lilas masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Âme nue, Paris, G. CHARPENTIER ET Cie, ÉDITEURS, 1885· numérisation wikisource.org· Sources