Les Trophées, 1893· La Grèce et la Sicile· Épigrammes bucoliques
Épigramme funéraire
Ici gît, Étranger,‖ la verte sauterelleQue durant deux saisons‖ nourrit la jeune Hellé,Et dont l’aile vibrant‖ sous le pied denteléBruissait dans le pin,‖ le cytise ou l’airelle.
Elle s’est tue, hélas !‖ la lyre naturelle,La muse des guérets,‖ des sillons et du blé :De peur que son léger‖ sommeil ne soit troublé,Ah ! passe vite, ami,‖ ne pèse point sur elle.
C’est là. Blanche, au milieu‖ d’une touffe de thym,Sa pierre funéraire‖ est fraîchement posée.Que d’hommes n’ont pas eu‖ ce suprême destin !
Des larmes d’un enfant‖ sa tombe est arrosée,Et l’Aurore pieuse‖ y fait chaque matinUne libation‖ de gouttes de rosée.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdc dcd
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sauterelle / l’airelle féminine, classiqueb Hellé / dentelé masculine, classiquea naturelle / elle féminine, classiqueb blé / troublé masculine, classiquec thym / destin / matin masculine, classiqued posée / arrosée / rosée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Trophées, Paris, Poésie/Gallimard, 1981· numérisation lyres.chez.com· Sources