Châtiments, 1853· Livre premier La société est sauvée
IX. L’art et le peuple
I
L'art, c'est la gloire et la joie ;Dans la tempête il flamboie,Il éclaire le ciel bleu.L'art, splendeur universelle,Au front du peuple étincelleComme l'astre au front de Dieu.
L'art est un chant magnifiqueQui plaît au cœur pacifique,Que la cité dit aux bois,Que l'homme dit à la femme,Que toutes les voix de l'âmeChantent en chœur à la fois !
L'art, c'est la pensée humaineQui va brisant toute chaîne !L'art, c'est le doux conquérant !À lui le Rhin et le Tibre !Peuple esclave, il te fait libre ;Peuple libre, il te fait grand !
II
Ô bonne France invincible,Chante ta chanson paisible !Chante, et regarde le ciel !Ta voix joyeuse et profondeEst l'espérance du monde,Ô grand peuple fraternel !
Bon peuple, chante à l'aurore !Quand vient le soir, chante encoreLe travail fait la gaîté.Ris du vieux siècle qui passe !Chante l'amour à voix basseEt tout haut la liberté !
Chante la sainte Italie,La Pologne ensevelie,Naples qu'un sang pur rougit,La Hongrie agonisante…Ô tyrans ! le peuple chanteComme le lion rugit !
Paris, 6 novembre 1851.
Versification
- Forme
- 6 sizains (sizains)
- Rimes
- 6(aabccb)
- Mètre
- Heptasyllabes
- Strophes
- 6 sizains
- Mots à la rime
- a joie / flamboie féminine, classiqueb bleu / Dieu masculine, classiquec universelle / étincelle féminine, classiquea magnifique / pacifique féminine, classiqueb bois / fois masculine, classiquec femme / l'âme féminine, classiquea humaine / chaîne féminine, classiqueb conquérant / grand masculine, classiquec Tibre / libre féminine, classiquea invincible / paisible féminine, classiqueb ciel / fraternel masculine, classiquec profonde / monde féminine, classiquea l'aurore / encore féminine, classiqueb gaîté / liberté masculine, classiquec passe / basse féminine, classiquea Italie / ensevelie féminine, classiqueb rougit / rugit masculine, classiquec agonisante / chante féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, La Pléiade — Éditions Gallimard, 1967· numérisation poesies.net· Sources