Dernière gerbe, 1902
XXII. Chute du Rhin
..................... Le Rhin tombe en hurlantDans le gouffre où l'écume,‖ immense chaos blanc,Tourne éternellement‖ son effroyable roue ;Dans le puits inconnu‖ que l'eau sombre secoue,Tout bave et gronde ; ainsi‖ rugiraient des titansVautrés dans un abîme‖ énorme, et combattants.Cela frémit, cela‖ hurle, cela blasphème.On dirait Caliban‖ colletant Polyphème.On pressent, sous ce vaste‖ et formidable bruit,Toutes les profondeurs‖ sinistres de la nuit.Le fleuve à son tourment‖ court avec épouvante.L'âpre rondeur des eaux,‖ glauque, aveugle et vivante,Croule, et renaît toujours‖ pour toujours se briser.L'arc-en-ciel frissonnant‖ brille et vient s'y poser ;Sur la courbe difforme‖ il met sa courbe pure,Et l'on croit voir Diane,‖ au fond de l'ombre obscure,Dressant dans ce fracas‖ son front tranquille et fier,Du bout de son arc vierge‖ apaiser un enfer.
27 septembre 1869
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a hurlant / blanc masculine, classiqueb roue / secoue féminine, classiquec titans / combattants masculine, classiqued blasphème / Polyphème féminine, classiquee bruit / nuit masculine, classiquef épouvante / vivante féminine, classiqueg briser / poser masculine, classiqueh pure / obscure féminine, classiquei fier / enfer masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources