Dernière gerbe, 1902
VII. En mai
Une sorte de verve‖ étrange, point muette,Point sourde, éclate et fait‖ du printemps un poète ;Tout parle et tout écoute‖ et tout aime à la fois ;Et l'antre est une bouche‖ et la source une voix ;L'oiseau regarde ému‖ l'oiselle intimidée,Et dit : Si je faisais‖ un nid ? c'est une idée !Comme rêve un songeur‖ le front sur l'oreiller,La nature se sent‖ en train de travailler,Bégaie un idéal‖ dans ses noirs dialogues,Fait des strophes qui sont‖ les chênes, des égloguesQui sont les amandiers‖ et les lilas en fleur,Et se laisse railler par le merle siffleur ;Il lui vient à l'esprit‖ des nouveautés superbes ;Elle mêle la folle‖ avoine aux grandes herbes ;Son poème est la plaine‖ où paissent les troupeaux ;Savante, elle n’a pas de trêve et de reposJusqu'à ce qu'elle accouple‖ et combine et confondeL'encens et le poison‖ dans la sève profondeDe la nuit monstrueuse‖ elle tire le jour ;Souvent avec la haine elle fait de l’amour ;Elle a la fièvre et crée‖ ainsi qu'un sombre artiste ;Tout ce que la broussaille‖ a d'hostile et de triste,Le buisson hérissé, la steppe, le maquis,Se condense, ô mystère,‖ en un chef-d'œuvre exquisQue l'épine complète‖ et que le ciel arroseEt l’inspiration des ronces, c’est la rose.
21 janvier 1877
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 13((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a muette / poète féminine, classiqueb fois / voix masculine, classiquec intimidée / idée féminine, classiqued l'oreiller / travailler masculine, classiquee dialogues / églogues féminine, classiquef fleur / siffleur masculine, classiqueg superbes / herbes féminine, classiqueh troupeaux / repos masculine, classiquei confonde / profonde féminine, classiquej jour / l’amour masculine, classiquek artiste / triste féminine, classiquel maquis / exquis masculine, classiquem arrose / rose féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
26 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources