Dernière gerbe, 1902
VIII. « Je m'arrêtai. C'était un ravin très étroit »
Je m'arrêtai. C'était‖ un ravin très étroitAvec des toits au fond sur qui le lierre croît.Tu sais, j'aime beaucoup‖ ces choses : une fermeOù se meut tout un monde‖ et qu'un vieux mur enferme,Des vaches dans un pré,‖ l'herbe haute, un ruisseau,Un dogue sérieux‖ allongeant le museau,Des enfants dans du pain mordant à pleines joues,Des poules ; me voilà content. De vieilles rouesDans un coin. Qu'un bouvier‖ siffle et qu'un arbre au ventTremble, et je reste là‖ jusqu'à la nuit, rêvant.Une eau vive courait,‖ et des fleurs sur la bergeBrillaient, et je disais :‖ — Si c'était une auberge,Comme j'y logerais !‖ comme j'y mangeraisDu pain bis, de la soupe‖ aux choux, et des œufs frais !Dans cette basse-cour‖ quelles charmantes fêtes !Comme je passerais‖ mes jours avec ces bêtes !Comme je me ferais‖ de Suzon Atala !Comme je causerais‖ avec ce gros chien-là !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a étroit / croît masculine, classiqueb ferme / enferme féminine, classiquec ruisseau / museau masculine, classiqued joues / roues féminine, classiquee vent / rêvant masculine, classiquef berge / auberge féminine, classiqueg mangerais / frais masculine, classiqueh fêtes / bêtes féminine, classiquei Atala / chien-là masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources