Dernière gerbe, 1902
XCV. « Le sépulcre géant d'étoiles se compose »
Le sépulcre géant‖ d'étoiles se compose.Poète, tu l'as dit,‖ la mort n'est autre choseQu'un formidable azur‖ d'astres illuminé.O poète, toi-même‖ as jadis devinéQue nous, les noirs gardiens‖ des espaces sans borne,Nous livrions aux morts‖ leur sérénité morne,Et que, dans le dedans‖ du cercueil, nous faisionsPendre les lustres d'or‖ des constellations.Oui, la fosse contient‖ tous les astres du rêve ;Meurs et vois ! De la nuit‖ le couvercle se lève.Sombre éblouissement !‖ Les morts mystérieuxLaissent de sphère en sphère‖ errer leurs vagues yeux,Et dressent, effarés, leur regard taciturneDans les dômes sans fond‖ du grand palais nocturne ;La mort, c'est l'ouverture‖ effrayante des cieux ;L'immense firmament,‖ tranquille et monstrueux,Où vibre d'astre en astre‖ un hymne séraphique,Emplit de ses soleils‖ la tombe magnifique.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a compose / chose féminine, classiqueb illuminé / deviné masculine, classiquec borne / morne féminine, classiqued faisions / constellations masculine, classiquee rêve / lève féminine, classiquef mystérieux / yeux masculine, classiqueg taciturne / nocturne féminine, classiqueh cieux / monstrueux masculine, classiquei séraphique / magnifique féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins — Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources