L’année terrible, 1872· Septembre
IV. Paris bloqué
O ville, tu feras‖ agenouiller l'histoire.Saigner est ta beauté,‖ mourir est ta victoire.Mais non, tu ne meurs pas.‖ Ton sang coule, mais ceuxQui voyaient César rire‖ en tes bras paresseux,S'étonnent : tu franchis‖ la flamme expiatoire,Dans l'admiration‖ des peuples, dans la gloire,Tu retrouves, Paris,‖ bien plus que tu ne perds.Ceux qui t'assiègent, ville‖ en deuil, tu les conquiers.La prospérité basse‖ et fausse est la mort lente ;Tu tombais folle et gaie,‖ et tu grandis sanglante.Tu sors, toi qu'endormit‖ l'empire empoisonneur,Du rapetissement‖ de ce hideux bonheur.Tu t'éveilles déesse‖ et chasses le satyre.Tu redeviens guerrière‖ en devenant martyre ;Et dans l'honneur, le beau,‖ le vrai, les grandes mœurs,Tu renais d'un côté‖ quand de l'autre tu meurs.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a l'histoire / victoire féminine, classiqueb ceux / paresseux masculine, classiquec expiatoire / gloire féminine, classiqued perds / conquiers masculine, classiquee lente / sanglante féminine, classiquef empoisonneur / bonheur masculine, classiqueg satyre / martyre féminine, classiqueh mœurs / meurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1985· numérisation abu.cnam.fr· Sources