La légende des siècles, 1877· XI L’épopée du ver
L’Épopée du ver
Au fond de la poussière‖ inévitable, un êtreRampe, et souffle un miasme‖ ignoré qui pénètreL'homme de toutes parts,Qui noircit l'aube, éteint‖ le feu, sèche la tige,Et qui suffit pour faire‖ avorter le prodigeDans la nature épars.
Le monde est sur cet être‖ et l'a dans sa racine,Et cet être, c'est moi.‖ Je suis. Tout m'avoisine.Dieu me paye un tribut.Vivez. Rien ne fléchit‖ le ver incorruptible.Hommes, tendez vos arcs ;‖ quelle que soit la cible,C'est moi qui suis le but.
O vivants, je l'avoue,‖ on voit des hommes rire :Plus d'une barque vogue‖ avec un bruit de lyre ;On est prince et seigneur ;Le lit nuptial brille,‖ on s'aime, on se le jure,L'enfant naît, les époux‖ sont beaux ; — j'ai pour dorureCe qu'on nomme bonheur.
Je mords Socrate, Eschyle,‖ Homère, après l'envie.Je mords l'aigle. Le bout‖ visible de la vieEst à tous et partout.Et, quand au mois de mai‖ le rouge-gorge chante,Ce qui fait que Satan‖ rit dans l'ombre méchante,C'est que j'ai l'autre bout.
Je suis l'Inconnu noir‖ qui, plus bas que la bête,Remplit tout ce qui marche‖ au-dessus de sa têteD'angoisse et de terreur,La preuve d'Alecton‖ pareille à Cléopâtre,De la pourpre identique‖ au haillon, et du pâtreÉgal à l'empereur.
Je suis l'extinction‖ du flambeau, toujours prête.Il suffit qu'un tyran‖ pense à moi dans la fêteOù les rois sont assis,Pour que sa volupté,‖ sa gaîté, sa débauche,Devienne on ne sait quoi‖ de lugubre où s'ébaucheLa pâle Némésis.
Je ne me laisse point‖ oublier des satrapes ;La nuit, lascifs, leur main‖ touche à toutes les grappesDu plaisir hasardeux,Et, pendant que leurs sens‖ dans l'extase frémissent,Des apparitions‖ de méduses blêmissentLa voûte au-dessus d'eux.
Je suis le créancier.‖ L'échéance m'est due.J'ai, comme l'araignée,‖ une toile tendue.Tout l'univers, c'est peu.Le fil imperceptible‖ et noir que je dévideFerait l'aurore veuve‖ et l'immensité videS'il allait jusqu'à Dieu.
J'attends. L'obscurité‖ sinistre me rend compte.Le capitaine armé‖ de son sceptre, l'archonte,Le grave amphictyon,L’augure, le poëte étoilé, le prophète,Tristes, songent à moi,‖ cette vie étant faiteDe disparition.
Le vizir sous son dais,‖ le marchand sur son âne,Familles et tribus,‖ les seigneurs d'EcbataneEt les chefs de l'IndusPassent, et seul je sais‖ dans quelle ombre est conduiteCette prodigieuse‖ et misérable fuiteDes vivants éperdus.
Brillez, cieux. Vis, nature.‖ O printemps, fais des roses.Rayonnez, papillons,‖ dans les métamorphoses.Que le matin est pur !Et comme les chansons‖ des oiseaux sont charmantes,Au-dessus des amants,‖ au-dessus des amantes,Dans le profond azur !
Quand, sous terre rampant,‖ j'entre dans Babylone,Dans Tyr qui porte Ammon‖ sur son double pylône,Dans Suse où l'aube luit,Lorsque entendant chanter‖ les hommes, je me glisse,Invisible, caché,‖ muet, dans leur délice,Leur triomphe et leur bruit
Quoique l'épaisseur vaste‖ et pesante me couvre,Quoique la profondeur,‖ qui jamais ne s'entrouvre,Morne et sans mouvement,Me cache à tous les yeux‖ dans son horreur tranquille,Tout, quel que soit le lieu,‖ quelle que soit la ville,Quel que soit le moment,
Tout, Vesta comme Églé,‖ Zénon comme Épicure,A le tressaillement‖ de ma présence obscure ;On a froid, on a peur ;L'un frémit dans son faste‖ et l'autre dans des crimes,Et l'on sent dans l'orgueil‖ démesuré des cimesUne vague stupeur ;
Et le Vatican tremble‖ avec le Capitole,Et le roi sur le trône,‖ et sur l'autel l'idole,Et Moloch et SyllaFrissonnent, et le mage‖ épouvanté contemple,Sitôt que le palais‖ a dit tout bas au temple :Le ver de terre est là !
Je suis le niveleur‖ des frontons et des dômes ;Le dernier lit où vont‖ se coucher les SodomesEst arrangé par moi,Je suis fourmillement‖ et je suis solitude,Je suis sous le blasphème‖ et sous la certitude,Et derrière Pourquoi.
Nul dogme n'oserait‖ affronter ma réponse.Laïs pour moi se frotte‖ avec la pierre ponce.Je fais parler Pyrrhon.La guerre crie, enrôle,‖ ameute, hurle, vole,Et je suis dans sa bouche‖ alors que cette folleSouffle dans son clairon.
Je suis l'intérieur‖ du prêtre en robe blanche,Je bave dans cette âme‖ où la vérité penche ;Quand il parle, je mens.Le destin, labyrinthe,‖ aboutit à ma fosse,Je suis dans l'espérance‖ et dans la femme grosse,Et, rois, dans vos serments.
Quel sommeil effrayant,‖ la vie ! En proie, en butteA des combinaisons‖ de triomphe ou de chute,Passifs, engourdis, sourds,Les hommes, occupés‖ d'objets qui se transforment,Sont hagards, et devraient‖ s'apercevoir qu'ils dorment,Puisqu'ils rêvent toujours !
J'ai pour l'ambitieux‖ les sept couleurs du prisme.C'est moi que le tyran‖ trouve en son despotismeAprès qu'il l'a vomi.Je l'éveille, sitôt‖ sa colère rugie.Qu'est la méchanceté ?‖ C'est de la léthargie,Dieu dans l'âme endormi.
Hommes, riez. La chute‖ adhère à l'apogée.L'écume manquerait‖ à la mer submergée,L'éclat au diamant,La neige à l'Athos, l'ombre‖ aux loups, avant qu'on voieManquer la confiance‖ et l'audace et la joieA votre aveuglement.
L'éventrement des monts‖ de jaspe et de porphyreA bâtir vos palais‖ peut à peine suffire,Larves sans lendemain !Vous avez trop d'autels.‖ Vos sociétés follesMeurent presque toujours‖ par un excès d'idolesChargeant l'esprit humain.
Qu'est la religion ?‖ L'abîme et ses fumées.Les simulacres noirs‖ flottant sous les raméesDes bois insidieux,La contemplation‖ de l'ombre, les passagesDe la nue au-dessus‖ du front pensif des sages,Ont créé tous vos dieux.
Vos prêtres insensés‖ chargent Satan lui-mêmeD'un dogme et d'un devoir,‖ lui le monstre suprême,Lui la rébellion !Ils en font leur bourreau,‖ leur morne auxiliaire,Sans même s'informer‖ si cette muselièreConvient à ce lion.
Pour aller jusqu'à Dieu‖ dans l'infini, les cultes,Les religions, l'Inde‖ et ses livres occultesPar Hermès copiés,Offrent leurs points d'appui,‖ leurs rites, leurs prières,Leurs dogmes, comme un gué‖ montre à fleur d'eau des pierresOù l'on pose ses pieds.
Songes vains ! Les Védas‖ trompent leurs clientèles,Car les religions‖ sont des choses mortellesQu'emporte un vent d'hiver ;Hommes, comme sur vous‖ sur elles je me traîne ;Et, pour ronger l'autel,‖ Dieu n'a pas pris la peineDe faire un autre ver.
Je suis dans l'enfant mort,‖ dans l'amante quittée,Dans le veuvage prompt‖ à rire, dans l'athée,Dans tous les noirs oublis.Toutes les voluptés‖ sont pour moi fraternelles.C'est moi que le fakir‖ voit sortir des prunellesDu vague spectre Iblis.
Mon œil guette à travers‖ les fêlures des urnes.Je vois vers les gibets‖ voler les becs nocturnesQuêtant un noir lambeau.Je suis le roi muré.‖ J'habite le décombre.La mort me regardait‖ quand d'une goutte d'ombreElle fit le corbeau.
Je suis. Vous n'êtes pas,‖ feu des yeux, sang des veines,Parfum des fleurs, granit‖ des tours, ô fiertés vaines !Tout d'avance est pleuré.On m'extermine en vain,‖ je renais sous ma voûte ;Le pied qui m'écrasa‖ peut poursuivre sa route,Je le dévorerai.
J'atteins tout ce qui vole‖ et court. L'argyraspideNe peut me fuir, eût-il‖ un cheval plus rapideQue l'oiseau de Vénus ;Je ne suis pas plus loin‖ des chars qui s'accélèrentQue du cachot massif‖ où des lueurs éclairentDe sombres torses nus.
Un peuple s'enfle et meurt‖ comme un flot sur la grève.Dès que l'homme a construit‖ une cité, le glaiveVient et la démolit ;Ce qui résiste au fer‖ croule dans les délices ;Pour te tuer, ô Rome,‖ Octave a les supplices,Messaline a son lit.
Tout ici-bas perd pied,‖ se renverse, trébuche,Et partout l'homme tombe,‖ étant sa propre embûche ;Partout l'humanitéSe lève dans l'orgueil‖ et dans l'orgueil se couche ;Et le manteau de poil‖ du prophète faroucheEst plein de vanité.
Puisque ce sombre orgueil‖ s'accroît toujours et monte,Puisque Tibère est Dieu,‖ puisque Rome sans honteLui chante un vil pæan,Puisque l'austérité‖ des Burrhus se croit vierge,Puisqu'il est des Xercès‖ qui prennent une vergeEt fouettent l'océan,
Il faut bien que le ver‖ soit là pour l'équilibre.Ce que le Nil, l'Euphrate‖ et le Gange et le TibreRoulent avec leur eau,C'est le reflet d'un tas‖ de villes inouïesFaites de marbre et d'or,‖ plus vite évanouiesQue la fleur du sureau.
Fétide, abject, je rends‖ les majestés pensives.Je mords la bouche, et quand‖ j'ai rongé les gencives,Je dévore les dents.Oh ! ce serait vraiment‖ dans la nature entièreTrop de faste, de bruit,‖ d'emphase et de lumière,Si je n'étais dedans !
Le néant et l'orgueil‖ sont de la même espèce.Je les distingue peu‖ lorsque je les dépèce.J'erre éternellementDans une obscurité‖ d'horreur et d'anathème,Redoutable brouillard‖ dont Satan n'est lui-mêmeQu'un épaississement.
Tout me sert. Glaive et soc,‖ et sagesse et délire.De tout temps la trompette‖ a combattu la lyre ;C'est le double éperon,C'est la double fanfare‖ aux forces infinies ;Le prodige jaillit‖ de ce choc d'harmonies ;Luttez, lyre et clairon.
Lyre, enfante la paix.‖ Clairon, produis la guerre.Mettez en mouvement‖ cette tourbe vulgaireDes camps et des cités ;Luttez ; poussez les uns‖ aux batailles altières,Les autres aux moissons,‖ et tous aux cimetières ;Lyre et clairon, chantez !
Chantez ! le marbre entend.‖ La pierre n'est pas sourde,Les tours sentent frémir‖ leur dalle la plus lourde,Le bloc est remué,Le créneau cède au chant‖ qui passe par bouffée,Et le mur tressaillant‖ qui naît devant Orphée,Meurt devant Josué.
Tout périt. C'est pour moi,‖ dernière créature,Que travaille l'effort‖ de toute la nature,Le lys prêt à fleurir,La mésange au printemps‖ qui dans son nid reposeEt qui sent l'œuf, cassé‖ par un petit bec rose,Sous elle s'entr'ouvrir,
Les Moïses emplis‖ d'une puissance telleQue le peuple, écoutant‖ leur parole immortelleAu pied du mont fumant,Leur trouve une lueur‖ de plus en plus étrange,Tremble, et croit derrière eux‖ voir deux ailes d'archangeGrandir confusément,
Les passants, le despote‖ aveugle et sans limites,Les rois sages avec‖ leurs trois cents sulamites,Les pâles inconnus,L'usurier froid, l'archer‖ habile aux escarmouches,Les cultes et les dieux‖ plus nombreux que les mouchesDans les joncs du Cydnus.
Tout m'appartient. A moi‖ symboles, mœurs, images,A moi ce monde affreux‖ de bourreaux et de magesQui passe, groupe noir,Sur qui l'ombre commence‖ à tomber, que Dieu marque,Qu'un vent pousse, et qui semble‖ une farouche barqueDe pirates le soir.
A moi la courtisane !‖ à moi la cénobite !Dieu me fait Sésostris‖ afin que je l'habite.En arrière, en avant,A moi tout ! à toute heure,‖ et qu'on entre ou qu'on sorte !Ma morsure, qui va‖ finir à Phryné morte,Commence à Job vivant.
A moi le condamné‖ dans sa lugubre loge !Il regarde effaré‖ les pas que fait l'horloge ;Et, quoiqu'en son ennuiLa mort soit invisible‖ à ses fixes prunelles,A d'obscurs battements‖ il sent d'horribles ailesQui s'approchent de lui.
Rhode est fière, Chéops‖ est grande, Ephèse est rare,Le Mausolée est beau,‖ le Dieu tonne, le PhareSauve les mâts penchés,Babylone suspend‖ dans l'air les fleurs vermeilles,Et c'est pour moi que l'homme‖ a créé sept merveilles,Et Satan sept péchés.
A moi la vierge en fleur‖ qui rit et se dérobe,Fuit, passe les ruisseaux,‖ et relève sa robeDans les prés ingénus !A moi les cris, les chants,‖ la gaîté qui redouble !A moi l'adolescent‖ qui regarde avec troubleLa blancheur des pieds nus !
Rois, je me roule en cercle‖ et je suis la couronne ;Buveurs, je suis la soif ;‖ murs, je suis la colonne ;Docteurs, je suis la loi ;Multipliez les jeux‖ et les épithalames,Les soldats sur vos tours,‖ dans vos sérails les femmes ;Faites, j'en ai l'emploi.
Sage ici-bas celui‖ qui pense à moi sans cesse !Celui qui pense à moi‖ vit calme et sans bassesse ;Juste, il craint le remords ;Sous son toit frêle il songe‖ aux maisons insondables ;Il voit de la lumière‖ aux deux trous formidablesDe la tête de mort.
Votre prospérité‖ n'est que ma patience.Hommes, la volonté,‖ la raison, la science,Tentent ; seul j'accomplis.Toute chose qu'on donne‖ est à moi seul donnée.Il n'est pas de fortune‖ et pas de destinéeQui ne m'ait dans ses plis.
Le héros qui, dictant‖ des ordres à l'histoire,Croit laisser sur sa tombe‖ un nuage de gloire,N'est sûr que de moi seul.C'est à cause de moi‖ que l'homme désespère.Je regarde le fils‖ naître, et j'attends le pèreEn dévorant l'aïeul.
Je suis l'être final.‖ Je suis dans tout. Je rongeLe dessous de la joie,‖ et, quel que soit le songeQue les poëtes font,J'en suis, et l'hippogriffe‖ ailé me porte en croupe ;Quand Horace en riant‖ te fait boire à sa coupe,Chloé, je suis au fond.
La dénudation‖ absolue et complète,C'est moi. J'ôte la force‖ aux muscles de l'athlète ;Je creuse la beauté ;Je détruis l'apparence‖ et les métamorphoses ;C'est moi qui maintiens nue,‖ au fond du puits des choses,L'auguste vérité.
Où donc les conquérants‖ vont-ils ? mes yeux les suivent.A qui sont-ils ? à moi.‖ L'heure vient ; ils m'arrivent,Découronnés, pâlis,Et tous je les dépouille,‖ et tous je les mutile,Depuis Cyrus vainqueur‖ de Tyr jusqu'à BathylleVainqueur d'Amaryllis
Le semeur me prodigue‖ au champ qu'il ensemence ;Tout en achevant l'être‖ expiré, je commenceL'être encor jeune et beau.Ce que Fausta, troublée‖ en sa pensée aride,Voit dans le miroir pâle‖ où s'ébauche une ride,C'est un peu de tombeau.
Toute ivresse m'aura‖ dans sa dernière goutte ;Et sur le trône il n'est‖ rien à quoi je ne goûte.Les Trajans, les NéronsSont à moi, honte et gloire,‖ et la fange est épaisseEt l'or est rayonnant‖ pour que je m'en repaisse.Tout marche ; j'interromps.
J'habite Ombos, j'habite‖ Élis, j'habite Rome.J'allonge mes anneaux‖ dans la grandeur de l'homme ;J'ai l'empire et l'exil ;C'est moi que les puissants‖ et les forts représentent ;En ébranlant les cieux,‖ les jupiters me sententRamper dans leur sourcil.
Je prends l'homme, ébauche humble‖ et tremblante qui pleure,Le nerf qui souffre, l'œil‖ qu'en vain le jour effleure,Le crâne où dort l'esprit,Le cœur d'où sort le sang‖ ainsi qu'une couleuvre,La chair, l'amour, la vie,‖ et j'en fais un chef-d'œuvre,Le squelette qui rit.
L'eau n'a qu'un bruit ; l'azur‖ n'a que son coup de foudre ;Le juge n'a qu'un mot,‖ punir ou bien absoudre ;L'arbre n'a que son fruit ;L'ouragan se fatigue‖ à de vaines huées,Et n'a qu'une épaisseur‖ quelconque de nuées ;Moi, j'ai l'énorme nuit.
L'Etna n'est qu'un charbon‖ que creuse un peu de soufre ;L'erreur de l'océan,‖ c'est de se croire un gouffre ;Je dirai : c'est profond,Quand vous me trouverez‖ un précipice, un piège,Où l'univers sera‖ comme un flocon de neigeQui décroît et qui fond.
Quoique l'enfer soit triste‖ et quoique la géhenneSans pitié, redoutable‖ aux hommes pleins de haine,Ouverte au-dessous d'eux,Soit étrange et farouche,‖ et quoiqu'elle ait en elleLes immenses cheveux‖ de la flamme éternelleQu'agite un vent hideux,
Le néant est plus morne‖ encor, la cendre est pireQue la braise, et le lieu‖ muet où tout expireEst plus noir que l'enfer ;Le flamboiement est pourpre‖ et la fournaise montre ;Moi je bave et j'éteins.‖ L'hydre est une rencontreMoins sombre que le ver.
Je suis l'unique effroi.‖ L'Afrique et ses rivagesPleins du barrissement‖ des éléphants sauvages,Magog, Thor, Adrasté,Sont vains auprès de moi.‖ Tout n'est qu'une surfaceQui sert à me couvrir.‖ Mon nom est Fin. J'effaceLa possibilité.
J'abolis aujourd'hui,‖ demain, hier. Je dépouilleLes âmes de leur corps‖ ainsi que d'une rouille ;Et je fais à jamaisDe tout ce que je tiens‖ disparaître le nombreEt l'espace et le temps,‖ par la quantité d'ombreEt d'horreur que j'y mets.
Amant désespéré,‖ tu frappes à ma porte,Redemandant ton bien‖ et ta maîtresse morte,Et la chair de ta chair,Celle dont chaque nuit‖ tu dénouais les tresses,Plus fier, plus éperdu,‖ plus ivre en ses caressesQue l'aigle au vent de mer.
Tu dis : « — Je la veux ! Terre‖ et cieux, je la réclame ;Le jour où je la vis,‖ je crus voir une flamme.Viens, dit-elle. Je vins.Sa jeune taille était‖ plus souple que l'acanthe ;Elle errait éblouie,‖ idéale bacchante,Sous des pampres divins.
« Son cœur fut si profond‖ que j'y perdis mon âme.Je l'aimais ! Quand le soir,‖ les yeux de cette femmeAu front pur, au sein nu,Me regardaient, pensifs,‖ clairs, à travers ses boucles,Je croyais voir briller‖ les vagues escarbouclesD'un abîme inconnu.
C'est elle qui prenait‖ ma tête en ses mains blanches !Elle qui me chantait‖ des chansons sous les branches,Des chansons dans les bois,Si douces qu'on voyait‖ sur l'eau rêver le cygne,Et que les dieux là-haut‖ se faisaient entre eux signeD'écouter cette voix !
« Elle est morte au milieu‖ d'une nuit de délices…Elle était le printemps,‖ ouvrant de frais calices ;Elle était l'orient ;Gaie, elle ressemblait‖ à tout ce qu'on désire ;L'esquif, entrant dès l'aube‖ au golfe de Nisyre,N'est pas plus souriant.
« Elle était la plus belle‖ et la plus douce chose !Son âme était le lys,‖ son corps était la rose ;Son chant chassait les pleurs ;Nue, elle était déesse,‖ et vierge, sous ses voiles ;Elle avait le parfum‖ que n'ont pas les étoiles,L'éclair qui manque aux fleurs.
« Elle était la lumière‖ et la grâce ; je l'aime !Je la veux ! ô transports !‖ ô volupté suprême !O regrets déchirants !…Voilà huit jours qu'elle est‖ dans mon ombre farouche ;Si tu veux lui donner‖ un baiser sur la bouche,Prends-la, je te la rends !
Reprends ce corps, reprends‖ ce sein, reprends ces lèvres ;Cherches-y ton plaisir,‖ ton extase, tes fièvres ;Je la rends à tes vœux ;Viens, tu peux, pour ta joie‖ et tes jeux et tes fautes,La reprendre, pourvu‖ seulement que tu m'ôtesDe ses sombres cheveux.
Nous rions, l'ombre et moi,‖ de tout ce qui vous navre.Nous avons, nous aussi,‖ notre fleur, le cadavre ;La femme au front charmant,Blanche, embaumant l'alcôve‖ et parfumant la table,Se transforme en ma nuit…‖ — Viens voir quel formidableÉpanouissement !
Cette rose du fond‖ du tombeau, viens la prendre,Je te la rends. Reprends,‖ jeune homme, dans ma cendre,Dans mon fatal sillon,Cette fleur où ma bave‖ épouvantable brille,Et qui, pâle, a le ver‖ du cercueil pour chenille,L'âme pour papillon.
Elle est morte, — et c'est là‖ ta poignante pensée, —Au moment le plus doux‖ d'une nuit insensée ;Eh bien, tu n'es plus seul,Reprends-la ; ce lit froid‖ vaut bien ton lit frivole ;Entre ; et toi qui riais‖ de la chemise folle,Viens braver le linceul.
Elle t'attend, levant‖ son crâne où l'œil se creuse,T'offrant sa main verdie‖ et sa hanche terreuse,Son flanc, mon noir séjour…Viens, couvrant de baisers‖ son vague rire horrible,Dans ce commencement‖ d'éternité terribleFinir ta nuit d'amour !
O vie universelle,‖ où donc est ton dictame ?Qu'est-ce que ton baiser ?‖ un lèchement de flamme.Le cœur humain veut tout,Prend tout, l'or, le plaisir,‖ le ciel bleu, l'herbe verte…Et dans l'éternité‖ sinistrement ouverteSe vide tout à coup.
La vie est une joie‖ où le meurtre fourmille,Et la création‖ se dévore en famille.Baal dévore Pan.L'arbre, s'il le pouvait,‖ épuiserait la sève,Léviathan, bâillant‖ dans les ténèbres, rêveD'engloutir l'océan ;
L'onagre est au boa‖ qui glisse et l'enveloppe ;Le lynx tacheté saute‖ et saisit l'antilope ;La rouille use le fer ;La mort du grand lion‖ est la fête des mouches ;On voit sous l'eau s'ouvrir‖ confusément les bouchesDes bêtes de la mer ;
Le crocodile affreux,‖ dont le Nil cache l'antre,Et qui laisse aux roseaux‖ la marque de son ventre,A peur de l'ichneumon ;L'hirondelle devant‖ le gypaète émigre ;Le colibri, sitôt‖ qu'il a faim, devient tigre,L'oiseau-mouche est démon.
Le volcan, c'est le feu‖ chez lui, tyran et maître,Mâchant les durs rochers,‖ féroce et parfois traître,Tel qu'un sombre empereur,Essuyant la fumée‖ à sa bouche rougie,Et son cratère enflé‖ de lave est une orgieDe flammes en fureur ;
La louve est sur l'agneau‖ comme l'agneau sur l'herbe ;Le pâle genre humain‖ n'est qu'une grande gerbeDe peuples pour les rois ;Avril donne aux fleurs l'ambre‖ et la rosée aux plantesPour l'assouvissement‖ des abeilles volantesDans la lueur des bois ;
De toutes parts on broute,‖ on veut vivre, on dévore,L'ours dans la neige horrible‖ et l'oiseau dans l'aurore ;C'est l'ivresse et la loi.Le monde est un festin.‖ Je mange les convives.L'océan a des bords,‖ ma faim n'a pas de rives ;Et le gouffre, c'est moi.
Vautour, qu'apportes-tu ?‖ — Les morts de la mêlée,Les morts des camps, les morts‖ de la ville brûlée,Et le chef rayonnant. —C'est bien, donne le sang,‖ vautour ; donne la cendre,Donne les légions,‖ c'est bien — donne Alexandre,C'est bien. Toi maintenant !
Le miracle hideux,‖ le prodige sublime,C'est que l'atome soit‖ en même temps l'abîme ;Tout d'en haut m'est jeté ;Je suis d'autant plus grand‖ que je suis plus immonde,Et l'amoindrissement‖ formidable du mondeFait mon énormité.
Fouillez la mort. Fouillez‖ l'écroulement terrible.Que trouvez-vous ? L'insecte.‖ Et, quoique ayant la bible,Quoique ayant le koran,Je ne suis rien qu'un ver.‖ O vivants, c'est peut-êtreParce que je suis fait‖ des croyances du prêtre,Des splendeurs du tyran,
C'est parce qu'en ma nuit‖ j'ai mangé vos victoires,C'est parce que je suis‖ composé de vos gloiresDont l'éclat retentit,De toutes vos fiertés,‖ de toutes vos durées,De toutes vos grandeurs,‖ tour à tour dévorées,Que je reste petit.
Qu'est-ce que l'univers ?‖ Qu'est-ce que le mystère ?Une table sans fin‖ servie au ver de terre ;Le nain partout béant ;Un engloutissement‖ du géant par l'atome ;Tout lentement rongé‖ par Rien ; et le fantômeCréé par le néant.
L'épouvante m'adore,‖ et, ver, j'ai des pontifes.Mon spectre prend une aile‖ et mon aile a des griffes.Vil, infect, chassieux,Chétif, je me dilate‖ en une immense forme,Je plane, et par moments,‖ chauve-souris énorme,J'enveloppe les cieux.
Dieu qui m'avez fait ver,‖ je vous ferai fumée.Si je ne puis toucher‖ votre essence innommée,Je puis ronger du moinsL'amour dans l'homme, et l'astre‖ au fond du ciel livide,Dieu jaloux, et, faisant‖ autour de vous le vide,Vous ôter vos témoins.
Parce que l'astre luit,‖ l'homme aurait tort de croireQue le ver du tombeau‖ n'atteint pas cette gloire ;Hors moi, rien n'est réel ;Le ver est sous l'azur‖ comme il est sous le marbre ;Je mords, en même temps‖ que la pomme sur l'arbre,L'étoile dans le ciel.
L'astre à ronger là-haut‖ n'est pas plus difficileQue la grappe pendante‖ aux pampres de Sicile ;J'abrège les rayons ;L'éternité n'est point‖ aux splendeurs complaisante ;La mouche, la fourmi,‖ tout meurt, et rien n'exempteLes constellations.
Il faut, dans l'océan‖ d'en haut, que le navireFait d'étoiles s'entr'ouvre‖ à la fin et chavire ;Saturne au large anneauChancelle, et Sirius‖ subit ma sombre attaqueComme l'humble bateau‖ qui va du port d'IthaqueAu port de Calymno.
Il est dans le ciel noir‖ des mondes plus maladesQue la barque au radoub‖ sur un quai des Cyclades ;L'abîme est un tyran ;Arcturus dans l'éther‖ cherche en vain une digue ;La navigation‖ de l'infini fatigueLe vaste Aldebaran.
Les lunes sont, au fond‖ de l'azur, des cadavres ;On voit des globes morts‖ dans les célestes havresLà-haut se dérober ;La comète est un monde‖ éventré dans les ombresQui se traîne, laissant‖ de ses entrailles sombresLa lumière tomber.
Regardez l'abbadir‖ et voyez le bolide ;L'un tombe, et l'autre meurt ;‖ le ciel n'est pas solide ;L'ombre a d'affreux recoins ;Le point du jour blanchit‖ les fentes de l'espace,Et semble la lueur‖ d'une lampe qui passeEntre des ais mal joints.
Le monde, avec ses feux,‖ ses chants, ses harmonies,N'est qu'une éclosion‖ immense d'agoniesSous le bleu firmament,Un pêle-mêle obscur‖ de souffles et de râles,Et de choses de nuit,‖ vaguement sépulcrales,Qui flottent un moment.
Dieu subit ma présence ;‖ il en est incurable.Toute forme créée,‖ ô nuit, est peu durable,O nuit, tout est pour nous ;Tout m'appartient, tout vient‖ à moi, gloire guerrière,Force, puissance et joie‖ et même la prière,Puisque j'ai ses genoux.
La démolition,‖ voilà mon diamètre.Le zodiaque ardent,‖ que Rhamsès a beau mettreSur son sanglant écu,Craint le ver du sépulcre,‖ et l'aube est ma sujette ;L'escarboucle est ma proie,‖ et le soleil me jetteDes regards de vaincu.
L'univers magnifique‖ et lugubre a deux cimes,O vivants, à ses deux‖ extrémités sublimes,Qui sont aurore et nuit,La création triste,‖ aux entrailles profondes,Porte deux Tout-puissants,‖ le Dieu qui fait les mondes,Le ver qui les détruit.
Versification
- Forme
- 100 sizains (sizains)
- Rimes
- 100(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (400 de 12, 200 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 100 sizains
- Mots à la rime
- a être / pénètre féminine, classiqueb parts / épars masculine, classiquec tige / prodige féminine, classiquea racine / m'avoisine féminine, classiqueb tribut / but masculine, classiquec incorruptible / cible féminine, classiquea rire / lyre féminine, classiqueb seigneur / bonheur masculine, classiquec jure / dorure féminine, classiquea l'envie / vie féminine, classiqueb partout / bout masculine, classiquec chante / méchante féminine, classiquea bête / tête féminine, classiqueb terreur / l'empereur masculine, classiquec Cléopâtre / pâtre féminine, classiquea prête / fête féminine, classiqueb assis / Némésis masculine, classiquec débauche / s'ébauche féminine, classiquea satrapes / grappes féminine, classiqueb hasardeux / d'eux masculine, classiquec frémissent / blêmissent féminine, classiquea due / tendue féminine, classiqueb peu / Dieu masculine, classiquec dévide / vide féminine, classiquea compte / l'archonte féminine, classiqueb amphictyon / disparition masculine, classiquec prophète / faite féminine, classiquea âne / d'Ecbatane féminine, classiqueb l'Indus / éperdus masculine, classiquec conduite / fuite féminine, classiquea roses / métamorphoses féminine, classiqueb pur / azur masculine, classiquec charmantes / amantes féminine, classiquea Babylone / pylône féminine, classiqueb luit / bruit masculine, équivalentec glisse / délice féminine, classiquea couvre / s'entrouvre féminine, classiqueb mouvement / moment masculine, classiquec tranquille / ville féminine, classiquea Épicure / obscure féminine, classiqueb peur / stupeur masculine, classiquec crimes / cimes féminine, classiquea Capitole / l'idole féminine, classiqueb Sylla / là masculine, classiquec contemple / temple féminine, classiquea dômes / Sodomes féminine, classiqueb moi / Pourquoi masculine, classiquec solitude / certitude féminine, équivalentea réponse / ponce féminine, classiqueb Pyrrhon / clairon masculine, classiquec vole / folle féminine, classiquea blanche / penche féminine, classiqueb mens / serments masculine, classiquec fosse / grosse féminine, classiquea butte / chute féminine, classiqueb sourds / toujours masculine, classiquec transforment / dorment féminine, classiquea prisme / despotisme féminine, classiqueb vomi / endormi masculine, classiquec rugie / léthargie féminine, classiquea l'apogée / submergée féminine, classiqueb diamant / aveuglement masculine, classiquec voie / joie féminine, classiquea porphyre / suffire féminine, classiqueb lendemain / humain masculine, classiquec folles / d'idoles féminine, classiquea fumées / ramées féminine, classiqueb insidieux / dieux masculine, classiquec passages / sages féminine, classiquea lui-même / suprême féminine, classiqueb rébellion / lion masculine, classiquec auxiliaire / muselière féminine, classiquea cultes / occultes féminine, classiqueb copiés / pieds masculine, classiquec prières / pierres féminine, classiquea clientèles / mortelles féminine, classiqueb d'hiver / ver masculine, classiquec traîne / peine féminine, classiquea quittée / l'athée féminine, classiqueb oublis / Iblis masculine, classiquec fraternelles / prunelles féminine, classiquea urnes / nocturnes féminine, classiqueb lambeau / corbeau masculine, classiquec décombre / d'ombre féminine, classiquea veines / vaines féminine, classiqueb pleuré / dévorerai masculine, classiquec voûte / route féminine, classiquea L'argyraspide / rapide féminine, classiqueb Vénus / nus masculine, équivalentec s'accélèrent / éclairent féminine, classiquea grève / glaive féminine, classiqueb démolit / lit masculine, classiquec délices / supplices féminine, classiquea trébuche / embûche féminine, classiqueb l'humanité / vanité masculine, classiquec couche / farouche féminine, classiquea monte / honte féminine, classiqueb pæan / l'océan masculine, classiquec vierge / verge féminine, classiquea l'équilibre / Tibre féminine, classiqueb eau / sureau masculine, classiquec inouïes / évanouies féminine, classiquea pensives / gencives féminine, classiqueb dents / dedans masculine, classiquec entière / lumière féminine, classiquea espèce / dépèce féminine, classiqueb éternellement / épaississement masculine, classiquec d'anathème / lui-même féminine, classiquea délire / lyre féminine, classiqueb éperon / clairon masculine, classiquec infinies / d'harmonies féminine, classiquea guerre / vulgaire féminine, classiqueb cités / chantez masculine, classiquec altières / cimetières féminine, classiquea sourde / lourde féminine, classiqueb remué / Josué masculine, classiquec bouffée / Orphée féminine, classiquea créature / nature féminine, classiqueb fleurir / s'entr'ouvrir masculine, classiquec repose / rose féminine, classiquea telle / immortelle féminine, classiqueb fumant / confusément masculine, classiquec étrange / d'archange féminine, classiquea limites / sulamites féminine, classiqueb inconnus / Cydnus masculine, classiquec escarmouches / mouches féminine, classiquea images / mages féminine, classiqueb noir / soir masculine, classiquec marque / barque féminine, classiquea cénobite / l'habite féminine, classiqueb avant / vivant masculine, classiquec sorte / morte féminine, classiquea loge / l'horloge féminine, classiqueb ennui / lui masculine, classiquec prunelles / ailes féminine, classiquea rare / Phare féminine, classiqueb penchés / péchés masculine, classiquec vermeilles / merveilles féminine, classiquea dérobe / robe féminine, classiqueb ingénus / nus masculine, classiquec redouble / trouble féminine, classiquea couronne / colonne féminine, classiqueb loi / l'emploi masculine, classiquec épithalames / femmes féminine, classiquea cesse / bassesse féminine, classiqueb remords / mort masculine, classiquec insondables / formidables féminine, classiquea patience / science féminine, classiqueb j'accomplis / plis masculine, non classiquec donnée / destinée féminine, classiquea l'histoire / gloire féminine, classiqueb seul / l'aïeul masculine, classiquec désespère / père féminine, classiquea ronge / songe féminine, classiqueb font / fond masculine, classiquec croupe / coupe féminine, classiquea complète / l'athlète féminine, classiqueb beauté / vérité masculine, classiquec métamorphoses / choses féminine, classiquea suivent / m'arrivent féminine, classiqueb pâlis / d'Amaryllis masculine, classiquec mutile / Bathylle féminine, classiquea ensemence / commence féminine, classiqueb beau / tombeau masculine, classiquec aride / ride féminine, classiquea goutte / goûte féminine, classiqueb Nérons / j'interromps masculine, classiquec épaisse / repaisse féminine, classiquea Rome / l'homme féminine, classiqueb l'exil / sourcil masculine, classiquec représentent / sentent féminine, classiquea pleure / effleure féminine, classiqueb l'esprit / rit masculine, classiquec couleuvre / chef-d'œuvre féminine, classiquea foudre / absoudre féminine, classiqueb fruit / nuit masculine, classiquec huées / nuées féminine, classiquea soufre / gouffre féminine, classiqueb profond / fond masculine, classiquec piège / neige féminine, classiquea géhenne / haine féminine, classiqueb d'eux / hideux masculine, classiquec elle / éternelle féminine, classiquea pire / expire féminine, classiqueb l'enfer / ver masculine, classiquec montre / rencontre féminine, classiquea rivages / sauvages féminine, classiqueb Adrasté / possibilité masculine, classiquec surface / J'efface féminine, classiquea dépouille / rouille féminine, classiqueb jamais / mets masculine, classiquec nombre / d'ombre féminine, classiquea porte / morte féminine, classiqueb chair / mer masculine, classiquec tresses / caresses féminine, classiquea réclame / flamme féminine, classiqueb vins / divins masculine, classiquec l'acanthe / bacchante féminine, classiquea âme / femme féminine, classiqueb nu / inconnu masculine, classiquec boucles / escarboucles féminine, classiquea blanches / branches féminine, classiqueb bois / voix masculine, classiquec cygne / signe féminine, classiquea délices / calices féminine, classiqueb l'orient / souriant masculine, classiquec désire / Nisyre féminine, classiquea chose / rose féminine, classiqueb pleurs / fleurs masculine, classiquec voiles / étoiles féminine, classiquea l'aime / suprême féminine, classiqueb déchirants / rends masculine, classiquec farouche / bouche féminine, classiquea lèvres / fièvres féminine, classiqueb vœux / cheveux masculine, classiquec fautes / m'ôtes féminine, classiquea navre / cadavre féminine, classiqueb charmant / Épanouissement masculine, classiquec table / formidable féminine, classiquea prendre / cendre féminine, classiqueb sillon / papillon masculine, classiquec brille / chenille féminine, classiquea pensée / insensée féminine, classiqueb seul / linceul masculine, classiquec frivole / folle féminine, classiquea creuse / terreuse féminine, classiqueb séjour / d'amour masculine, classiquec horrible / terrible féminine, classiquea dictame / flamme féminine, classiqueb tout / coup masculine, classiquec verte / ouverte féminine, classiquea fourmille / famille féminine, classiqueb Pan / l'océan masculine, non classiquec sève / rêve féminine, classiquea l'enveloppe / l'antilope féminine, classiqueb fer / mer masculine, classiquec mouches / bouches féminine, classiquea l'antre / ventre féminine, classiqueb l'ichneumon / démon masculine, classiquec émigre / tigre féminine, classiquea maître / traître féminine, classiqueb empereur / fureur masculine, classiquec rougie / orgie féminine, classiquea l'herbe / gerbe féminine, classiqueb rois / bois masculine, classiquec plantes / volantes féminine, classiquea dévore / l'aurore féminine, classiqueb loi / moi masculine, classiquec convives / rives féminine, classiquea mêlée / brûlée féminine, classiqueb rayonnant / maintenant masculine, classiquec cendre / Alexandre féminine, classiquea sublime / l'abîme féminine, classiqueb jeté / énormité masculine, classiquec immonde / monde féminine, classiquea terrible / bible féminine, classiqueb koran / tyran masculine, classiquec peut-être / prêtre féminine, classiquea victoires / gloires féminine, classiqueb retentit / petit masculine, classiquec durées / dévorées féminine, classiquea mystère / terre féminine, classiqueb béant / néant masculine, classiquec l'atome / fantôme féminine, classiquea pontifes / griffes féminine, classiqueb chassieux / cieux masculine, classiquec forme / énorme féminine, classiquea fumée / innommée féminine, classiqueb moins / témoins masculine, classiquec livide / vide féminine, classiquea croire / gloire féminine, classiqueb réel / ciel masculine, classiquec marbre / l'arbre féminine, classiquea difficile / Sicile féminine, classiqueb rayons / constellations masculine, classiquec complaisante / n'exempte féminine, classiquea navire / chavire féminine, classiqueb anneau / Calymno masculine, classiquec attaque / d'Ithaque féminine, classiquea malades / Cyclades féminine, classiqueb tyran / Aldebaran masculine, classiquec digue / fatigue féminine, classiquea cadavres / havres féminine, classiqueb dérober / tomber masculine, classiquec ombres / sombres féminine, classiquea bolide / solide féminine, classiqueb recoins / joints masculine, classiquec l'espace / passe féminine, classiquea harmonies / d'agonies féminine, classiqueb firmament / moment masculine, classiquec râles / sépulcrales féminine, classiquea incurable / durable féminine, classiqueb nous / genoux masculine, classiquec guerrière / prière féminine, classiquea diamètre / mettre féminine, classiqueb écu / vaincu masculine, classiquec sujette / jette féminine, classiquea cimes / sublimes féminine, classiqueb nuit / détruit masculine, classiquec profondes / mondes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
600 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources