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La légende des siècles, 1877· V Après les dieux, les rois· II De Ramire à Cosme de Médicis

Le Romencero du Cid

Victor Hugo· 182 quatrains, heptasyllabes, 728 vers

I L’entrée du roi

Vous ne m'allez qu'à la hanche ;Quoique altier et hasardeux,Vous êtes petit, roi Sanche ;Mais le Cid est grand pour deux.

Quand, chez moi, je vous accueilleDans ma tour et dans mon fort,Vous tremblez comme la feuille,Roi Sanche, et vous avez tort.

Sire, ma herse est fidèle ;Sire, mon seuil est pieux ;Et ma bonne citadelleRit à l'aurore des cieux.

Ma tour n'est qu'un tas de pierre,Roi, mais j'en suis le seigneur ;Elle porte son vieux lierreComme moi mon vieil honneur.

Mes hirondelles sont douces ;Mes bois ont un pur parfum,Mes nids n'ont pas dans leurs moussesUn cheveu pris à quelqu'un.

Tout passant, roi de Castille,More ou juif, rabbin, émir,Peut entrer dans ma bastilleTranquillement, et dormir.

Je suis le Cid calme et sombreQui n'achète ni ne vend,Et je n'ai sur moi que l'ombreDe la main du Dieu vivant.

Cependant je vous admire,Vous m'avez fait triste et nuEt vous venez chez moi, sire ;Roi, soyez le mal venu.

II Souvenir de Chimène

Si le mont faisait reprocheA l'air froid, aigre et jaloux,C'est moi qui serais la roche,Et le vent ce serait vous.

Roi, j'en connais qui trahissent,Mais je suis le vieux soumis ;Tous vos amis me haïssent,Moi, je hais vos ennemis.

Et dans mon dédain je mêleTous vos favoris, ô roi ;L'épaisseur de ma semelleMe suffit entre eux et moi.

Roi, quand j'épousai ma femme,J'eus à me plaindre de vous ;Pourtant je n'ai rien dans l'âme,Dieu fut grand, le ciel fut doux,

L'évêque avait sa barrette,On marchait sur des tapis,Chimène eut sa gorgerettePleine de fleurs et d'épis.

J'avais un habit de moireSous l'acier de mon corset.Je ne garde en ma mémoireQue le soleil qu'il faisait.

Entrez en paix dans ma ville.On vous parlerait pourtantD'une façon plus civileSi l'on était plus content.

III Le roi jaloux

Parce que, Léon, la Manche,L'Èbre, on vous a tout donné,Et qu'on était grand, don Sanche,Avant que vous fussiez né,

Est-ce une raison pour êtreVil envers moi qui suis vieux ?Roi, c'est trop d'être le maîtreEt d'être aussi l'envieux.

Nous fils de race guerrière,Seigneur, nous vous en voulonsPour vos rires par derrièreQui nous mordent les talons.

Est-ce qu'à votre serviceLe Cid s'est estropiéAu point d'avoir quelque viceDans le poignet ou le pié,

Qu'il s'entend, sans frein ni règle,Moquer par vos gens à vous ?Ne suis-je plus qu'un vieux aigleA réjouir les hiboux ?

Roi, qu'on mette, avec sa chape,Sa mitre et son palefroi,Dans une balance un papePortant sur son dos un roi ;

Ils pèseront dans leur gloireMoins que moi, Campeador,Quand le roi serait d'ivoire,Quand le pape serait d'or !

IV Le roi ingrat

Je vous préviens qu'on me fâcheMoi qui n'ai rien que ma foi,Lorsque étant homme, on est lâche,Et qu'on est traître, étant roi.

Je sens vos ruses sans nombre ;Oui, je sens tes trahisons.Moi pour le bien, toi pour l'ombre,Dans la nuit nous nous croisons.

Je te sers, et je m'en vante ;Tu me hais et tu me crains ;Et mon cheval t'épouvanteQuand il jette au vent ses crins.

Tu te fais, tristes refuges,Adorer soir et matinEn castillan par tes juges,Par tes prêtres en latin.

Roi, si deux et deux font quatre,Un fourbe est un mécréant.Quant à moi, je veux rabattrePlus d'un propos malséant.

Quand don Sanche est dans sa ville,Il me parle avec hauteur ;Je suis un bien vieux pupillePour un si jeune tuteur.

Je ne veux pas qu'on me manque.Quand tu me fais défierPar ton clerc à Salamanque,A Jaen par ton greffier ;

Quand, derrière tes muraillesOù tu chasses aux moineaux,Roi, je t'entends qui me railles,Moi, l'arracheur de créneaux,

Je pourrais y mettre un terme ;Je t'enverrais, roi des goths,D'une chiquenaude à LermeOu d'un soufflet à Burgos.

V Le roi défiant

Quand je songe en ma tanière,Mordant ma barbe et rêvant,Regardant dans ma bannièreLes déchirures du vent,

Ton effroi sur moi se penche.Tremblant, par tes alguazilsTu te fais garder, roi Sanche,Contre mes sombres exils.

Moi, je m'en ris. Peu m'importe,O roi, quand un vil gardienCouche en travers de ta porte,Qu'il soit homme ou qu'il soit chien !

Tu dis à ton économe,A tes pages blancs ou verts :— « A quoi pense ce bonhommeQui regarde de travers ?

A quoi donc est-ce qu'il songe ?Va-t-il rompre son lien ?J'ai peur. Quel est l'os qu'il ronge ?Est-ce son nom ou le mien ?

« Qu'est-ce donc qu'il prémédite ?S'il n'est traître, il en a l'air.Dans sa montagne mauditeCe baron-là n'est pas clair.

« A quoi pense ce conviveDes loups et des bûcherons ?J'ai peur. Est-ce qu'il raviveLa fraîcheur des vieux affronts ?

« Le laisser libre est peu sage ;Le Cid est mal muselé. » —Roi, c'est moi qui suis ma cageEt c'est moi qui suis ma clé.

C'est moi qui ferme mon antre ;Mes rocs sont mes seuls trésors ;Et c'est moi qui me dis rentre !Et c'est moi qui me dis : sors !

Soit que je vienne ou que j'aille,Je tire seul mon verrou.Ah ! tu trouves que je bâilleTrop librement dans mon trou !

Tu voudrais dans ma vieillesse,Comme un dogue dans ta cour,M'avoir, moi, le Cid, en laisse,Et me tenir dans ma tour,

Et me tenir dans mes lierres,Gardé comme les brigands…Va mettre des muselièresAux gueules des ouragans !

VI Le roi abject

Roi que gêne la cuirasse,Roi qui m'as si mal payé,Tu fais douter de ta race ;Et, dans sa tombe ennuyé,

Ton vieux père, âme loyale,Dit : — Quelque bohémienA, dans la crèche royale,Mis son fils au lieu du mien ! —

Roi, ma meilleure cuisineC'est du pain noir, le sais-tu,Avec quelque âpre racine,Le soir quand on s'est battu.

M'as-tu nourri sous ta tente,Et suis-je ton écolier ?M'as-tu donné ma patenteDe comte et de chevalier ?

Roi, je vis dans la bataille.Si tu veux, comparons-nous.Pour ne point passer ta taille,Je vais me mettre à genoux.

Pendant que tu fais tes pâquesEt que tu dis ton credo,Je prends les tours de Saint-JacquesEt les monts d'Oviédo.

Je ne m'en fais pas accroire.Toi-même tu reconnaisQue j'ai la peau toute noireD'avoir porté le harnais.

Seigneur, tu fis une fauteQuand tu me congédias ;C'est mal de chasser un hôte,Fou de chasser Ruy Diaz.

Roi, c'est moi qui te protège.On craint le son de mon cor.On croit voir dans ton cortègeUn peu de mon ombre encor.

Partout, dans les abbayes,Dans les forts baissant leurs ponts,Tes volontés obéiesFont du mal, dont je réponds.

Roi par moi ; sans moi, poupée !Le respect qu'on a pour toi,La longueur de mon épéeEn est la mesure, ô roi !

Ce pays ne connaît guère,Du Tage à l'Almonacid,D'autre musique de guerreQue le vieux clairon du Cid.

Mon nom prend toute l'Espagne,Toute la mer à témoin ;Ma fanfare de montagneVient de haut et s'entend loin.

Mon pas fait du bruit sur terre,Et je passe mon cheminDans la rumeur militaireD'un triomphateur romain.

Et tout tremble, Irun, Coïmbre,Santander, Almodovar,Sitôt qu'on entend le timbreDes cymbales de Bivar.

VII Le roi fourbe

Certe, il tient moins de noblesseEt de bonté, vois-tu bien,Roi, dans ton collier d'altesse,Que dans le collier d'un chien !

Ta foi royale est fragile,Elle affirme, jure et fuit.Roi, tu mets sur l'évangileUne main pleine de nuit.

Avec toi tout est précaire,Surtout quand tu t'es signéDevant quelque reliquaireOù le saint tremble indigné.

A tes traités, verbiage,Je préférerais souventLes promesses du nuageEt la parole du vent.

La parole qu'un roi fausseDerrière les gens trahisN'est plus que la sombre fosseDe la pudeur d'un pays.

Moi, je tiens pour périls graves,Et je dois le déclarer,Ce qu'en arrière des bravesLes traîtres peuvent jurer.

Roi, vous l'avouerez, j'espère,Mieux vaut avoir au talonLe venin d'une vipèreQue le serment d'un félon.

Je suis dans ma seigneurie,Parlant haut, quoique vassal.Après cela, je vous prieDe ne pas le prendre mal.

VIII Le roi voleur

Roi, fallait-il que tu vinssesPour nous écraser d'impôts ?Nous vivons dans nos provinces,Pauvres sous nos vieux drapeaux.

Nous bravons tes cavalcades.Sommes-nous donc des vilains,Pour engraisser des alcadesEt nourrir des chapelains ?

Quant à payer, roi bravache,Jamais ! et j'en fais serment.Ma ville est-elle une vachePour la traire effrontément ?

Je vais continuer, sire,Et te parler du passé,Puisqu'il est bon de tout direEt puisque j'ai commencé.

Roi, tu m'as pris mes villages,Roi, tu m'as pris mes vassaux,Tu m'as pris mes grands feuillagesOù j'écoutais les oiseaux ;

Roi, tu m'as pris mon domaine,Mon champ, de saules bordé ;Tu m'allais prendre Chimène,Roi, mais je t'ai regardé.

Si les rois étaient pendables,Je t'aurais offert déjàDans mes ongles formidablesAu gibet d'Albavieja.

D'ombre en vain tu t'environnes ;Ma colère un jour pensaPrendre l'or de tes couronnesPour ferrer Babieça.

Je suis plein de rêves sombres,Ayant, vieux suspect vainqueur,Toute ma gloire en décombresDans le plus noir de mon cœur.

IX Le roi soudard

Quand vous entrez en campagne,Louche orfraie au fatal vol,On ferait honte à l'EspagneDe vous nommer espagnol.

Sire, on se bat dans les plaines,Sire, on se bat dans les monts ;Les campagnes semblent pleinesD'archanges et de démons.

On se bat dans les provinces ;Et ce choc de boucliersVa de vous, les petits princes,A nous, les grands chevaliers.

Les rocs ont des citadellesEt les villes ont des toursOù volent à tire-d'ailesLes aigles et les vautours.

La guerre est le cri du reître,Du vaillant et du maraud,Un jeu d'en bas et peut-êtreUn jugement de là-haut ;

La guerre, cette aventureSur qui plane le corbeau,Se résout en nourriturePour les bêtes du tombeau ;

Le chacal se désaltèreA tous ces sanglants hasards ;Et c'est pour les vers de terreQue travaillent les césars ;

Les camps sont de belles choses ;Mais l'homme loyal ne croitQu'à la justice des causesEt qu'à la bonté du droit.

Car la guerre est folle et rude.Pour la faire honnêtementIl faut une certitudePrise dans le firmament.

Je remarque en mes tristessesQue la gloire aux durs sentiersNe connaît pas les altessesEt s'en passe volontiers.

Un soldat vêtu de sergeEst parfois son favori,Et l'épée est une viergeQui veut choisir son mari.

Roi, les guerres que vous faitesSont les guerres d'un félonQui souffle dans des trompettesAvec un bruit d'aquilon ;

Qui, ne risquant son panacheQu'à demi dans les brouillards,S'il voit des hommes se cache,Et vient s'il voit des vieillards ;

Qui, se croyant Alexandre,Ne laisse dans les maisonsQue des os dans de la cendreEt du sang sur des tisons ;

Et qui, riant sous les portes,Vous montre, quand vous entrez,Sur des tas de femmes mortesDes tas d'enfants éventrés.

X Le roi couard

Roi, dans tes courses damnées,Avec tes soldats nouveaux,Ne va pas aux Pyrénées,Ne va pas à Roncevaux.

Ces roches sont des aïeules,Les mères des océans.Elles se défendraient seules ;Car ces monts sont des géants.

Une forte race d'hommes,Pleins de l'âpreté du lieu,Vit là loin de vos sodomesAvec les chênes de Dieu.

Y passer est téméraire.Nul encor n'a devinéSi le chêne est le grand frèreOu bien si l'homme est l'aîné.

Ce peuple est là, loin du monde,Libre hier, libre demain.Sur ces hommes l'éclair gronde ;Leur chien leur lèche la main.

Hercule y vint. Tout reculeDans ces monts où fuit l'isard.Roi, César après Hercule,Charlemagne après César,

Ont crié miséricordeDevant ces pâtres jalouxChaussés de souliers de cordeEt vêtus de peaux de loups.

Dieu, caché sous leur feuillage,Prit ce noir pays vaillantPour faire naître Pélage,Pour faire mourir Roland.

Si jamais, dans ces repaires,Risquant tes hautains défis,Tu venais voir si les pèresVivent encor dans les fils,

Eusses-tu vingt mille piques,Eusses-tu, roi fanfaron,Tes bannières, tes musiques,Tout ton bruit de moucheron,

Pour que tu t'en ailles vite,Fussent-ils un contre cent,Et pour qu'on te vole en fuite,De mont en mont bondissant,

Comme on voit des rocs descendreLes torrents en février,Il te suffirait d'entendreLa trompe d'un chevrier.

XI Le roi moqueur

Quand, barbe grise, je parleDu saint pays montagnardEt du grand empereur CharleEt du grand bâtard Bernard,

Et d'Hercule et de Pélage,Roi Sanche, tu me crois fou ;Tu prends ces fiertés de l'âgePour la rouille d'un vieux clou.

Mais ton vain rire farouche,Roi, n'est pas une raisonQui puisse fermer la boucheA quelqu'un dans ma maison ;

C'est pourquoi je continue,Te saluant du drapeau,Et te parlant tête nueQuand tu gardes ton chapeau.

XII Le roi méchant

J'ai, dans Albe et dans Girone,Vu l'honnête homme flétri,Et des gens dignes d'un trôneQu'on liait au pilori ;

J'ai vu, c'est mon amertume,Tes bourreaux abattre, ô roi,Des fronts qu'on avait coutumeDe saluer plus que toi.

Rois, Dieu fait croître où nous sommes,Dans ce monde de péchés,Une herbe de têtes d'hommes,Et c'est vous qui la fauchez.

Ah ! nos maîtres, quand vous n'êtes,Avec vos vils compagnons,Occupés que de sornettes,Nous pleurons et nous saignons.

Roi, cela fendrait des pierresEt toucherait des voleursQue de si fermes paupièresVersent de si sombres pleurs !

Sous toi l'Espagne est mal sûreEt tremble, et finit par voir,Roi, que ta main lui mesureTrop d'aunes de crêpe noir.

J'ai reconnu, car vous êtesLe sinistre et l'inhumain,Des amis dans des squelettesQui pendaient sur le chemin.

J'ai, dans les forêts prochaines,Vu le travail des bourreaux,Et la tristesse des chênesPliant au poids des héros.

J'ai vu râler sous des porchesDe vieux corps désespérés.Roi, de lances et de torchesCes pays sont effarés.

J'ai vu des ducs et des comtesS'agenouiller au billot.Tu ne nous dois pas de comptes,Cœur trop bas et front trop haut !

Roi, le sang qu'un roi pygméeVerse à flots par ses valetsFait une sombre fuméeSur les dalles des palais.

O roi des noires sentences,Un vol de corbeaux te suit,Tant les chaînes des potencesDans ton règne font de bruit !

Vous avez fouetté des femmesDans Vich et dans Alcala,Ce sont des choses infâmesQue vous avez faites là !

Tu n'es qu'un méchant, en somme.Mais je te sers, c'est la loi ;La difformité de l'hommeN'étant pas comptée au roi.

XIII Le cid fidèle

Princes, on voit souvent croîtreDes gueux entre les pavésQui font de vous dans un cloîtreDes moines aux yeux crevés.

Je ne suis pas de ces traîtres ;Je suis muré dans ma foi,Les grands spectres des ancêtresSont toujours autour de moi,

Comme on a, dans les campagnesOù rit la verte saison,Une chaîne de montagnesQui ferme l'âpre horizon.

Il n'est pas de cœurs obliquesVoués aux vils intérêts,Dans nos vieilles républiquesDe torrents et de forêts.

Le traître est pire qu'un more ;De son souffle il craint le bruit ;Il met un masque d'auroreSur un visage de nuit ;

Rouge aujourd'hui comme braise,Noir hier comme charbon.Roi, moi je respire à l'aise ;Et quand je parle, c'est bon.

Roi, je suis un homme probeDe l'antique probité.Chimène recoud ma robe,Mais non pas ma loyauté.

Je sonne à l'ancienne modeLa cloche de mon beffroi.Je trouve même incommodeD'avoir des fourbes chez moi.

Sous cette fange, avarice,Vol, débauche, trahison,Je ne veux pas qu'on pourrisseLe plancher de ma maison.

Reconnais à mes parolesLe Cid aimé des meilleurs,A qui les pâtres d'ÉrolesDonnent des chapeaux de fleurs.

XIV Le cid honnête

Donc, sois tranquille, roi Sanche,Tu n'as rien à craindre ici.La vieille âme est toute blancheDans le vieux soldat noirci.

Grondant, je te sers encore.Dieu m'a donné pour emploi,Sire, de courber le moreEt de redresser le roi.

Étant durs pour vous, nous sommesDoux pour le peuple aux abois,Nous autres les gentilshommesDes bruyères et des bois.

Personne sur nous ne marche.Il suffit de oui, de non,Pour rompre à nos ponts une arche,A notre chaîne un chaînon.

Loin de vos palais infâmesPleins de gens aux vils discours,La fierté pousse en nos âmesComme l'herbe dans nos cours.

Les vieillards ont des licences,Seigneurs, et ce sont nos mœursDe rudoyer les puissancesDans nos mauvaises humeurs.

Le Cid est, suivant l'usage,Droit, sévère et raisonneur.Peut-être n'est-ce point sage,Mais c'est honnête, seigneur.

Pour avoir ce qu'il désireLe flatteur baise ton pied.Nous disons ce qu'il faut, sire,Et nous faisons ce qui sied.

Nous vivons aux solitudesOù tout croît dans les sentiers,Excepté les habitudesDes valets et des portiers.

Nous fauchons nos foins, nos seigles,Et nos blés aux flancs des monts ;Nous entendons des cris d'aiglesEt nous nous y conformons.

Nous savons ce que vous faites,Sire, et, loin de son lever,De ses gibets, de ses fêtes,Le prince nous sent rêver.

Nous avons l'absence fière,Et sommes peu courtisans,Ayant sur nous la poussièreDes batailles et des ans.

Et c'est pourquoi je te parleComme parlait, grave et seul,A ton aïeul Boson d'ArleGil de Bivar mon aïeul.

D'où naît ton inquiétude ?D'où vient que ton œil me suitÉpiant mon attitudeComme un nuage de nuit ?

Craindrais-tu que je te prisseUn matin dans mon manteau ?Et que j'eusse le capriceD'une ville ou d'un château ?

Roi, la chose qui m'importeC'est de vivre exempt de fiel ;Non de glisser sous ma porteMa main jusqu'à Peñafiel.

Roi, le Cid que l'âge gagneS'aime mieux, en vérité,Montagnard dans sa montagneQue roi dans ta royauté.

Roi, le Cid qu'on amadoue,Mais que nul n'intimida,Ne t'a pas donné CordouePour te prendre Lérida.

Qu'ai-je besoin de Tortose,De tes tours d'Alcacébé,Et de ta chambre mieux closeQue la chambre d'un abbé,

Et des filles de la reine,Et des plis de brocart d'orDe ta robe souveraineQue porte un corrégidor,

Et de tes palais de marbre ?Moi qui n'ai qu'à me pencherPour prendre une mûre à l'arbreEt de l'eau dans le rocher !

XV Le roi est le roi

Roi, vous vous croyez moins princeEt vous jurez par l'enferDans cette montagne où grinceMa vieille herse de fer ;

D'effroi votre âme est frappée ;Vous vous défiez, trompeur ;Traître et poltron, mon épéeVous fait honte et vous fait peur.

Vous me faites garder, sire ;Vous me faites épierPar tous vos barons de cireDans leurs donjons de papier ;

Derrière vos capitainesVous tremblez en m'approchant ;Comme l'eau sort des fontaines,Le soupçon sort du méchant ;

Votre altesse scélérateN'aurait pas d'autre façonQuand je serais un pirate,Le spectre de l'horizon !

Vous consultez des sorcièresPour que je meure bientôt ;Vous cherchez dans mes poussièresDe quoi faire un échafaud ;

Vous rêvez quelque équipée ;Vous dites bas au bourreauQue, lorsqu'un homme est épée,Le sépulcre est le fourreau ;

Votre habileté subtileMe guette à tous les instants ;Eh bien ! c'est peine inutileEt vous perdez votre temps,

Vos précautions sont vaines ;Pourquoi ? je le dis à tous :C'est que le sang de mes veinesN'est pas à moi, mais à vous.

Quoique vous soyez un princeVil, on ne peut le nier,Le premier de la province,De la vertu le dernier ;

Quoique à ta vue on se sauve,Seigneur ; quoique vous ayezDes allures de loup fauveDans des chemins non frayés ;

Quoiqu'on ait pour récompenseLa haine de vos bandits ;Et malgré ce que je pense,Et malgré ce que je dis,

Roi, devant vous je me courbe,Raillé par votre bouffon ;Le loyal devant le fourbe,L'acier devant le chiffon ;

Devant vous, fuyard, s'effaceLe Cid, l'homme sans effroi.Que voulez-vous que j'y fasse,Puisque vous êtes le roi !

XVI Le cid est le cid

Don Sanche, une source couleA l'ombre de mes donjons ;Comme le Cid dans la fouleElle est pure dans les joncs.

Je n'ai pas d'autre vignoble ;Buvez-y ; je vous absous.Autant que vous je suis nobleEt chevalier plus que vous.

Les savants, ces prêcheurs mornes,Sire, ont souvent pour refrainsQu'un trône même a des bornesEt qu'un roi même a des freins ;

De quelque nom qu'il se nomme,Nul n'est roi sous le ciel bleuPlus qu'il n'est permis à l'hommeEt qu'il ne convient à Dieu.

Mais, pour marquer la limite,Il faudrait étudier ;Il faudrait être un ermiteOu bien un contrebandier.

Moi, ce n'est pas mon affaire ;Je ne veux rien vous ôter ;Étant le Cid, je préfèreObéir à disputer.

Accablez nos sombres têtesDe désespoir et d'ennuis,Roi, restez ce que vous êtes ;Je reste ce que je suis.

J'ai toujours, seul dans ma sphère,Souffert qu'on me dénigrât.Je n'ai pas de compte à faireAvec le roi, mon ingrat.

Je t'ai, depuis que j'existe,Donné Jaen, Balbastro,Et Valence, et la mer tristeQui fait le bruit d'un taureau,

Et Zamora, rude tâche,Huesca, Jaca, Teruel,Et Murcie où tu fus lâche,Et Vich où tu fus cruel,

Et Lerme et ses sycomores,Et Tarragone et ses tours,Et tous les ans des rois mores,Et le grand Cid tous les jours !

Nos deux noms iront ensembleJusqu'à nos derniers neveux.Souviens-t'en, si bon te semble ;N'y songe plus, si tu veux.

Je baisse mes yeux, j'en ôteTout regard audacieux ;Entrez sans peur, roi mon hôte ;Car il n'est qu'un astre aux cieux ;

Cet astre de la nuit noire,Roi, ce n'est pas le bonheur,Ni l'amour, ni la victoire,Ni la force ; c'est l'honneur.

Et moi qui sur mon armureRamasse mes blancs cheveux,Moi sur qui le soir murmure,Moi qui vais mourir, je veux

Que, le jour où sous son voileChimène prendra le deuil,On allume à cette étoileLe cierge de mon cercueil.

Ainsi le Cid, qui harangueSans peur ni rébellion,Lèche son maître, et sa langueEst rude, étant d'un lion.

Versification

Forme
182 quatrains (quatrains)
Rimes
182(abab)
Mètre
Heptasyllabes
Strophes
182 quatrains
Mots à la rime
a hanche / Sanche féminine, classiqueb hasardeux / deux masculine, classiquea accueille / feuille féminine, classiqueb fort / tort masculine, classiquea fidèle / citadelle féminine, classiqueb pieux / cieux masculine, classiquea pierre / lierre féminine, classiqueb seigneur / honneur masculine, classiquea douces / mousses féminine, classiqueb parfum / quelqu'un masculine, classiquea Castille / bastille féminine, classiqueb émir / dormir masculine, classiquea sombre / l'ombre féminine, classiqueb vend / vivant masculine, classiquea admire / sire féminine, classiqueb nu / venu masculine, classiquea reproche / roche féminine, classiqueb jaloux / vous masculine, classiquea trahissent / haïssent féminine, classiqueb soumis / ennemis masculine, classiquea mêle / semelle féminine, classiqueb roi / moi masculine, classiquea femme / l'âme féminine, classiqueb vous / doux masculine, classiquea barrette / gorgerette féminine, classiqueb tapis / d'épis masculine, classiquea moire / mémoire féminine, classiqueb corset / faisait masculine, classiquea ville / civile féminine, classiqueb pourtant / content masculine, classiquea Manche / Sanche féminine, classiqueb donné / né masculine, classiquea être / maître féminine, classiqueb vieux / l'envieux masculine, classiquea guerrière / derrière féminine, classiqueb voulons / talons masculine, classiquea service / vice féminine, classiqueb estropié / pié masculine, classiquea règle / aigle féminine, classiqueb vous / hiboux masculine, classiquea chape / pape féminine, classiqueb palefroi / roi masculine, classiquea gloire / d'ivoire féminine, classiqueb Campeador / d'or masculine, classiquea fâche / lâche féminine, classiqueb foi / roi masculine, classiquea nombre / l'ombre féminine, classiqueb trahisons / croisons masculine, classiquea vante / t'épouvante féminine, classiqueb crains / crins masculine, classiquea refuges / juges féminine, classiqueb matin / latin masculine, classiquea quatre / rabattre féminine, classiqueb mécréant / malséant masculine, classiquea ville / pupille féminine, classiqueb hauteur / tuteur masculine, classiquea manque / Salamanque féminine, classiqueb défier / greffier masculine, classiquea murailles / railles féminine, classiqueb moineaux / créneaux masculine, classiquea terme / Lerme féminine, classiqueb goths / Burgos masculine, classiquea tanière / bannière féminine, classiqueb rêvant / vent masculine, classiquea penche / Sanche féminine, classiqueb alguazils / exils masculine, classiquea m'importe / porte féminine, classiqueb gardien / chien masculine, classiquea économe / bonhomme féminine, classiqueb verts / travers masculine, classiquea songe / ronge féminine, classiqueb lien / mien masculine, classiquea prémédite / maudite féminine, classiqueb l'air / clair masculine, classiquea convive / ravive féminine, classiqueb bûcherons / affronts masculine, classiquea sage / cage féminine, classiqueb muselé / clé masculine, classiquea antre / rentre féminine, classiqueb trésors / sors masculine, classiquea j'aille / bâille féminine, classiqueb verrou / trou masculine, classiquea vieillesse / laisse féminine, classiqueb cour / tour masculine, classiquea lierres / muselières féminine, classiqueb brigands / ouragans masculine, classiquea cuirasse / race féminine, classiqueb payé / ennuyé masculine, classiquea loyale / royale féminine, classiqueb bohémien / mien masculine, classiquea cuisine / racine féminine, classiqueb sais-tu / battu masculine, classiquea tente / patente féminine, classiqueb écolier / chevalier masculine, classiquea bataille / taille féminine, classiqueb comparons-nous / genoux masculine, classiquea pâques / Saint-Jacques féminine, classiqueb credo / d'Oviédo masculine, classiquea accroire / noire féminine, classiqueb reconnais / harnais masculine, classiquea faute / hôte féminine, classiqueb congédias / Diaz masculine, classiquea protège / cortège féminine, classiqueb cor / encor masculine, classiquea abbayes / obéies féminine, classiqueb ponts / réponds masculine, classiquea poupée / épée féminine, classiqueb toi / roi masculine, classiquea guère / guerre féminine, classiqueb l'Almonacid / Cid masculine, classiquea l'Espagne / montagne féminine, classiqueb témoin / loin masculine, classiquea terre / militaire féminine, classiqueb chemin / romain masculine, classiquea Coïmbre / timbre féminine, équivalenteb Almodovar / Bivar masculine, classiquea noblesse / d'altesse féminine, classiqueb bien / chien masculine, classiquea fragile / l'évangile féminine, classiqueb fuit / nuit masculine, classiquea précaire / reliquaire féminine, classiqueb signé / indigné masculine, classiquea verbiage / nuage féminine, classiqueb souvent / vent masculine, classiquea fausse / fosse féminine, classiqueb trahis / pays masculine, classiquea graves / braves féminine, classiqueb déclarer / jurer masculine, classiquea j'espère / vipère féminine, classiqueb talon / félon masculine, classiquea seigneurie / prie féminine, classiqueb vassal / mal masculine, classiquea vinsses / provinces féminine, classiqueb d'impôts / drapeaux masculine, classiquea cavalcades / alcades féminine, classiqueb vilains / chapelains masculine, classiquea bravache / vache féminine, classiqueb serment / effrontément masculine, classiquea sire / dire féminine, classiqueb passé / commencé masculine, classiquea villages / feuillages féminine, classiqueb vassaux / oiseaux masculine, classiquea domaine / Chimène féminine, classiqueb bordé / regardé masculine, classiquea pendables / formidables féminine, classiqueb déjà / d'Albavieja masculine, classiquea t'environnes / couronnes féminine, classiqueb pensa / Babieça masculine, classiquea sombres / décombres féminine, classiqueb vainqueur / cœur masculine, classiquea campagne / l'Espagne féminine, classiqueb vol / espagnol masculine, classiquea plaines / pleines féminine, classiqueb monts / démons masculine, classiquea provinces / princes féminine, classiqueb boucliers / chevaliers masculine, classiquea citadelles / tire-d'ailes féminine, classiqueb tours / vautours masculine, classiquea reître / peut-être féminine, classiqueb maraud / là-haut masculine, classiquea aventure / nourriture féminine, classiqueb corbeau / tombeau masculine, classiquea désaltère / terre féminine, classiqueb hasards / césars masculine, classiquea choses / causes féminine, classiqueb croit / droit masculine, classiquea rude / certitude féminine, classiqueb honnêtement / firmament masculine, classiquea tristesses / altesses féminine, classiqueb sentiers / volontiers masculine, classiquea serge / vierge féminine, classiqueb favori / mari masculine, classiquea faites / trompettes féminine, classiqueb félon / d'aquilon masculine, classiquea panache / cache féminine, classiqueb brouillards / vieillards masculine, classiquea Alexandre / cendre féminine, classiqueb maisons / tisons masculine, classiquea portes / mortes féminine, classiqueb entrez / éventrés masculine, classiquea damnées / Pyrénées féminine, classiqueb nouveaux / Roncevaux masculine, classiquea aïeules / seules féminine, classiqueb océans / géants masculine, classiquea d'hommes / sodomes féminine, classiqueb lieu / Dieu masculine, classiquea téméraire / frère féminine, classiqueb deviné / l'aîné masculine, classiquea monde / gronde féminine, classiqueb demain / main masculine, classiquea recule / Hercule féminine, classiqueb l'isard / César masculine, non classiquea miséricorde / corde féminine, classiqueb jaloux / loups masculine, classiquea feuillage / Pélage féminine, classiqueb vaillant / Roland masculine, classiquea repaires / pères féminine, classiqueb défis / fils masculine, classiquea piques / musiques féminine, classiqueb fanfaron / moucheron masculine, classiquea vite / fuite féminine, classiqueb cent / bondissant masculine, classiquea descendre / d'entendre féminine, classiqueb février / chevrier masculine, classiquea parle / Charle féminine, classiqueb montagnard / Bernard masculine, classiquea Pélage / l'âge féminine, classiqueb fou / clou masculine, classiquea farouche / bouche féminine, classiqueb raison / maison masculine, classiquea continue / nue féminine, classiqueb drapeau / chapeau masculine, classiquea Girone / trône féminine, classiqueb flétri / pilori masculine, équivalentea amertume / coutume féminine, classiqueb roi / toi masculine, classiquea sommes / d'hommes féminine, classiqueb péchés / fauchez masculine, classiquea n'êtes / sornettes féminine, classiqueb compagnons / saignons masculine, classiquea pierres / paupières féminine, classiqueb voleurs / pleurs masculine, classiquea sûre / mesure féminine, classiqueb voir / noir masculine, classiquea êtes / squelettes féminine, classiqueb l'inhumain / chemin masculine, classiquea prochaines / chênes féminine, classiqueb bourreaux / héros masculine, classiquea porches / torches féminine, classiqueb désespérés / effarés masculine, classiquea comtes / comptes féminine, classiqueb billot / haut masculine, classiquea pygmée / fumée féminine, classiqueb valets / palais masculine, classiquea sentences / potences féminine, classiqueb suit / bruit masculine, classiquea femmes / infâmes féminine, classiqueb Alcala / là masculine, classiquea somme / l'homme féminine, classiqueb loi / roi masculine, classiquea croître / cloître féminine, classiqueb pavés / crevés masculine, classiquea traîtres / ancêtres féminine, classiqueb foi / moi masculine, classiquea campagnes / montagnes féminine, classiqueb saison / horizon masculine, classiquea obliques / républiques féminine, classiqueb intérêts / forêts masculine, classiquea more / d'aurore féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquea braise / l'aise féminine, classiqueb charbon / bon masculine, classiquea probe / robe féminine, classiqueb probité / loyauté masculine, classiquea mode / incommode féminine, classiqueb beffroi / moi masculine, classiquea avarice / pourrisse féminine, classiqueb trahison / maison masculine, classiquea paroles / d'Éroles féminine, classiqueb meilleurs / fleurs masculine, classiquea Sanche / blanche féminine, classiqueb ici / noirci masculine, classiquea encore / more féminine, classiqueb emploi / roi masculine, classiquea sommes / gentilshommes féminine, classiqueb abois / bois masculine, classiquea marche / arche féminine, classiqueb non / chaînon masculine, classiquea infâmes / âmes féminine, classiqueb discours / cours masculine, classiquea licences / puissances féminine, classiqueb mœurs / humeurs masculine, classiquea l'usage / sage féminine, classiqueb raisonneur / seigneur masculine, classiquea désire / sire féminine, classiqueb pied / sied masculine, classiquea solitudes / habitudes féminine, classiqueb sentiers / portiers masculine, classiquea seigles / d'aigles féminine, classiqueb monts / conformons masculine, classiquea faites / fêtes féminine, classiqueb lever / rêver masculine, classiquea fière / poussière féminine, classiqueb courtisans / ans masculine, classiquea parle / d'Arle féminine, classiqueb seul / aïeul masculine, classiquea inquiétude / attitude féminine, classiqueb suit / nuit masculine, classiquea prisse / caprice féminine, classiqueb manteau / château masculine, classiqueb fiel / Peñafiel masculine, classiquea gagne / montagne féminine, classiqueb vérité / royauté masculine, classiquea amadoue / Cordoue féminine, classiqueb n'intimida / Lérida masculine, classiquea Tortose / close féminine, classiqueb d'Alcacébé / abbé masculine, classiquea reine / souveraine féminine, classiqueb d'or / corrégidor masculine, classiquea marbre / l'arbre féminine, classiqueb pencher / rocher masculine, classiquea prince / grince féminine, classiqueb l'enfer / fer masculine, classiquea frappée / épée féminine, classiqueb trompeur / peur masculine, classiquea sire / cire féminine, classiqueb épier / papier masculine, classiquea capitaines / fontaines féminine, classiqueb m'approchant / méchant masculine, classiquea scélérate / pirate féminine, classiqueb façon / l'horizon masculine, classiquea sorcières / poussières féminine, classiqueb bientôt / échafaud masculine, classiquea équipée / épée féminine, classiqueb bourreau / fourreau masculine, classiquea subtile / inutile féminine, classiqueb instants / temps masculine, classiquea vaines / veines féminine, classiqueb tous / vous masculine, classiquea prince / province féminine, classiqueb nier / dernier masculine, classiquea sauve / fauve féminine, classiqueb ayez / frayés masculine, classiquea récompense / pense féminine, classiqueb bandits / dis masculine, classiquea courbe / fourbe féminine, classiqueb bouffon / chiffon masculine, classiquea s'efface / fasse féminine, classiqueb effroi / roi masculine, classiquea coule / foule féminine, classiqueb donjons / joncs masculine, classiquea vignoble / noble féminine, classiqueb absous / vous masculine, classiquea mornes / bornes féminine, classiqueb refrains / freins masculine, classiquea nomme / l'homme féminine, classiqueb bleu / Dieu masculine, classiquea limite / ermite féminine, classiqueb étudier / contrebandier masculine, classiquea affaire / préfère féminine, classiqueb ôter / disputer masculine, classiquea têtes / êtes féminine, classiqueb d'ennuis / suis masculine, classiquea sphère / faire féminine, classiqueb dénigrât / ingrat masculine, classiquea j'existe / triste féminine, classiqueb Balbastro / taureau masculine, classiquea tâche / lâche féminine, classiqueb Teruel / cruel masculine, classiquea sycomores / mores féminine, classiqueb tours / jours masculine, classiquea ensemble / semble féminine, classiqueb neveux / veux masculine, classiquea ôte / hôte féminine, classiqueb audacieux / cieux masculine, classiquea noire / victoire féminine, classiqueb bonheur / l'honneur masculine, classiquea armure / murmure féminine, classiqueb cheveux / veux masculine, classiquea voile / étoile féminine, classiqueb deuil / cercueil masculine, classiquea harangue / langue féminine, classiqueb rébellion / lion masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

728 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources