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un seul est le mot juste.

La légende des siècles, 1859· IV Le cycle héroïque chrétien

Le Jour des rois

Victor Hugo· distiques, alexandrins, 319 vers

I

L'aube sur les grands monts‖ se leva frémissanteLe six janvier de l'an‖ du Christ huit cent soixante,Comme si dans les cieux‖ cette clarté savaitPourquoi l'homme de fer‖ et d'acier se revêtEt quelle ombre il prépare‖ aux livides journées.

Une blême blancheur‖ baigne les Pyrénées ;Le louche point du jour‖ de la morne saison,Par places, dans le large‖ et confus horizon,Brille, aiguise un clocher,‖ ébauche un monticule ;Et la plaine est obscure,‖ et dans le crépuscule

L'Egba, l'Arga, le Cil,‖ tous ces cours d'eau rampants,Font des fourmillements‖ d'éclairs et de serpents ;Le bourg Chagres est là‖ près de sa forteresse.

II

Le mendiant du pont‖ de Crassus, où se dresseL'autel d'Hercule offert‖ aux Jeux aragonaux,Est, comme à l'ordinaire,‖ entre deux noirs créneauxVenu s'asseoir, tranquille‖ et muet, dès l'aurore.La larve qui n'est plus‖ ou qui n'est pas encoreRessemble à ce vieillard,‖ spectre aux funèbres yeux,Grelottant dans l'horreur‖ d'un haillon monstrueux ;C'est le squelette ayant‖ faim et soif dans la tombe.Dans ce siècle où sur tous‖ l'esclavage surplombe,Où tout être, perdu‖ dans la nuit, quel qu'il soit,Même le plus petit,‖ même le plus étroit,Offre toujours assez‖ de place pour un maître,Où c'est un tort de vivre,‖ où c'est un crime d'être,Ce pauvre homme est chétif‖ au point qu'il est absous ;Il habite le coin‖ du néant, au-dessousDu dernier échelon‖ de la souffrance humaine,Si bas, que les heureux‖ ne prennent pas la peineD'ajouter sa misère‖ à leur joyeux orgueil,Ni les infortunés‖ d'y confronter leur deuil ;Penche sur le tombeau‖ plein de l'ombre mortelle,Il est comme un cheval‖ attendant qu'on dételle ;Abject au point que l'homme‖ et la femme, les pas,Les bruits, l'enterrement,‖ la noce, les trépas,Les fêtes, sans l'atteindre‖ autour de lui s'écoulent,Et le bien et le mal‖ sans le voir sur lui roulent ;Tout au plus raille-t-on‖ ce gueux sur son fumier ;Tout le tumulte humain,‖ soldats au fier cimier,Moines tondus, l'amour,‖ le meurtre, la bataille,Ignore cette cendre‖ ou rit de cette paille ;Qu'est-il ? Rien, ver de terre,‖ ombre ; et même l'ennuiN'a pas le temps de perdre‖ un coup de pied sur lui ;Il rampe entre la chose‖ et la bête de somme ;Tibère, sans marcher‖ dessus, verrait cet homme,Cet être obscur, infect,‖ pétrifié, dormant,Ne valant pas l'effort‖ de son écrasement ;Celui qui le voit, dit :‖ C'est l'idiot ! et passe ;Son regard fixe semble‖ effaré par l'espace ;Infirme, il ne pouvait‖ manier des outils ;C'est un de ces vivants‖ lugubres, engloutisDans cette extrémité‖ de l'ombre où se termineLa maladie en lèpre‖ et l'ordure en vermine ;C'est à lui que les maux‖ en bas sont limités ;Du rendez-vous des deuils‖ et des calamitésSa loque, au vent flottante,‖ est l'effroyable enseigne ;Sous ses ongles crispés‖ sa peau s'empourpre et saigne ;Il regarde, voit-il ?‖ il écoute, entend-il ?Si cet être aperçoit‖ l'homme, c'est de profil,Nul visage n'étant‖ tourné vers ses ténèbres ;La famine et la fièvre‖ ont ployé ses vertèbres ;On voudrait balayer‖ son ombre du pavé ;Au passant qui lui donne,‖ il bégaie un ave ;Sa parole ébauchée‖ en murmure s'achève ;Et si, dans sa stupeur‖ et du fond de son rêve,Parfois à quelque chose‖ ici-bas il répond,C'est à ce que dit l'eau‖ sous les arches du pont ;Sa maigreur est hideuse‖ aux trous de sa guenille ;Et le seul point par où ce fantôme chenilleTouche aux hommes courbés‖ le soir et le matin,C'est, à l'aube, au couchant,‖ sa prière en latin,Dans l'ombre, d'une voix‖ lente, psalmodiée.

III

Flamme au septentrion.‖ C'est Vich incendiée.Don Pancho s'est rué‖ sur Vich au point du jour.Sancho, roi d'Oloron,‖ commande au carrefourDes trois pertuis profonds‖ qui vont d'Espagne en France ;Voulant piller, il a‖ donné la préférenceA Vich, qui fait commerce‖ avec Tarbe et Cahors ;Pancho, fauve au-dedans,‖ est difforme au-dehors ;Il est camard, son nez‖ étant sans cartilages,Et si méchant, qu'on dit‖ que les gens des villagesRamassent du poil d'ours‖ où cet homme a passé.Il a brisé la porte,‖ enjambé le fossé,Est entré dans l'église,‖ et sous les sombres porchesS'est dressé, rouge spectre,‖ ayant aux poings deux torches ;Et maintenant maisons,‖ tours, palais spacieux,Toute la ville monte‖ en lueur dans les cieux.

Flamboiement au midi.‖ C'est Girone qui brûle.Le roi Blas a jadis‖ eu d'Inez la matrulleDeux bâtards, ce qui fait‖ qu'à cette heure l'on aGil, roi de Luz, avec‖ Jean, duc de Cardona ;L'un règne à Roncevaux‖ et l'autre au col d'Andorre.Quiconque voit des dieux‖ dans les loups, les adore.Ils ont, la veille au soir,‖ quitté leurs deux donjons,Ensemble, avec leur bande,‖ en disant : Partageons !N'étant pas trop de deux‖ pour ce qu'ils ont à faire.En route, le plus jeune‖ a crié : — Bah ! mon frère,Rions ; et renonçons‖ à la chose, veux-tu ?Revenons sur nos pas ;‖ je ne suis point têtu ;Si tu veux t'en ôter,‖ c'est dit, je me retire :— Ma règle, a dit l'aîné,‖ c'est de ne jamais rireNi reculer, ayant‖ derrière moi l'enfer. —Et c'est ainsi qu'ils ont,‖ ces deux princes de fer,Après avoir rompu‖ le mur qui la couronne,Brûlé la belle ville‖ heureuse de Girone,Et fait noir l'horizon‖ que le Seigneur fait bleu.

Rougeur à l'orient.‖ C'est Lumbier en feu.Ariscat l'est venu‖ piller pour se distraire.Ariscat est le roi‖ d'Aguas ; ce téméraire,Car, en basque, Ariscat‖ veut dire le Hardi,A son donjon debout‖ près du pic du Midi,Comme s'il s'égalait‖ à la montagne immense.Il brûle Lumbier‖ comme on brûla Numance ;L'histoire est quelquefois‖ l'infidèle espion,Elle oublie Ariscat‖ et vante Scipion ;N'importe ! le roi basque‖ est invincible, infâme,Superbe, comme un autre,‖ et fait sa grande flamme ;Cette ville n'est plus‖ qu'un bûcher ; il est fier ;Et le tas de tisons‖ d'Ariscat, Lumbier,Vaut bien Tyr, le monceau‖ de braises d'Alexandre.

Fumée à l'occident.‖ C'est Teruel en cendre.Le roi du mont Jaxa,‖ Gesufal le Cruel,Pour son baiser terrible‖ a choisi Teruel ;Il vient d'en approcher‖ ses deux lèvres funèbres,Et Teruel se tord‖ dans un flot de ténèbres.Le fort que sur un pic‖ Gesufal élevaEst si haut, que du faîte on voit tout l’Alava,Tout l'Èbre, les deux mers,‖ et le merveilleux golfeOù tombe Phaéton‖ et d'où s'envoie Astolphe.Gesufal est ce roi,‖ gai comme les démons,Qui disait aux pays‖ gisant au pied des monts,Sol inquiet, tremblant‖ comme une solfatare— Je suis ménétrier ;‖ je mets à ma guitareLa corde des gibets‖ dressés sur le chemin ;Dansez, peuples ! j'ai deux‖ royaumes dans ma main ;Aragon et Léon‖ sont mes deux castagnettes. —C'est lui qui dit encor :‖ — Je fais les places nettes.Et Teruel, hier‖ une ville, aujourd'huiEst de l'ombre. O désastre,‖ ô peuple sans appui !Des tourbillons de nuit‖ et d'étincelles passent,Les façades au fond‖ des fournaises s'effacent,L'enfant cherche la femme‖ et la femme l'enfant,Un râle horrible sort‖ du foyer étouffant ;Les flammèches au vent‖ semblent d'affreux moustiques ;On voit dans le brasier‖ le comptoir des boutiquesOù le marchand vendait‖ la veille, et les tiroirsSont là béants, montrant‖ de l'or dans leurs coins noirs.Le feu poursuit la foule‖ et sur les toits s'allonge ;On crie, on tombe, on fuit,‖ tant la vie est un songe !

IV

Qu'est-ce que ce torrent‖ de rois ? Pourquoi ce choix,Quatre villes ? Pourquoi‖ toutes quatre à la fois ?Sont-ce des châtiments,‖ ou n'est-ce qu'un carnage ?Pas de choix. Le hasard,‖ ou bien le voisinage,Voilà tout ; le butin‖ pour but et pour raison ;Quant aux quatre cités‖ brûlant à l'horizon,Regardez, vous verrez‖ bien d'autres rougeurs sombres.Toute la perspective‖ est un tas de décombres.La montagne a jeté‖ sur la plaine ses rois,Rien de plus. Quant au fait,‖ le voici. Navarrois,Basques, aragonais,‖ catalans, ont des terres ;Pourquoi ? Pour enrichir‖ les princes. MonastèresEt seigneurs sont le but‖ du paysan. Le droitEst l'envers du pouvoir‖ dont la force est l'endroit ;Depuis que le puissant‖ sur le faible se rue,Entre l'homme d'épée‖ et l'homme de charrueIl existe une loi‖ dont l'article premierC'est que l'un est le maître‖ et l'autre le fermier ;Les enfants sont manants,‖ les femmes sont servantes.A quoi bon discuter ?‖ Sans cessions ni ventes,La maison appartient‖ au fort, source des lois,Et le bourg est à qui‖ peut pendre le bourgeois ;Toute chose est à l'homme‖ armé ; les cimeterres.Font les meilleurs contrats‖ et sont les bons notaires ;Qui peut prendre doit prendre,‖ et le tabellionQui sait le mieux signer‖ un bail, c'est le lion.

Cela posé, qu'ont fait‖ ces peuples ? Leur délireFut triste. L'autre mois,‖ les rois leur ont fait direD'alimenter les monts‖ d'où l'eau vers eux descend,Et d'y mener vingt bœufs‖ et vingt moutons sur cent,Plus, une fanéga‖ d'orge et de blé par homme.La plaine est ouvrière‖ et partant économe ;Les pays plats se sont‖ humblement excusés,Criant grâce, alléguant‖ qu'ils n'ont de rien assez,Que maigre est l'Aragon‖ et pauvre la Navarre.Peuple pauvre, les rois‖ prononcent peuple avare ;De là, frémissement‖ et colère là-haut.Ordre aux arrière-bans‖ d'accourir au plus tôt ;Et Gesufal, celui‖ d'où tombent les sentences,A fait venir devant‖ un monceau de potencesLes alcades des champs‖ et les anciens des bourgs,Affirmant qu'il irait,‖ au son de ses tambours,Pardieu ! chercher leurs bœufs‖ chez eux sous des arcadesFaites de pieds d'anciens‖ et de jambes d'alcades.Le refus persistant,‖ les rois sont descendus.

V

Et c'est pourquoi, s'étant‖ par message entendus,En bons cousins, étant‖ convenus en familleDe sortir à la fois,‖ vers l'heure où l'aube brille,Chacun de sa montagne‖ et chacun de sa tour,Ils vont fêtant le jour‖ des rois, car c'est leur jour,Par un grand bêlement‖ de villes dans la plaine.

Déroute ; enfants, vieillards,‖ bœufs, moutons ; clameur vaine ;Trompettes, cris de guerre :‖ exterminons ! frappons !Chariots s'accrochant‖ aux passages des ponts ;Les champs hagards sont pleins‖ de sombres débandades,La même flamme court‖ sur les cinq Mérindades ;Olite tend les bras‖ à Tudela qui fuitVers la pâle Estrella‖ sur qui le brandon luit ;Et Sanguesa frémit,‖ et toutes quatre ensembleAppellent au secours‖ Pampelune qui tremble.Comme on sait tous les noms‖ de ces rois, Gilimer,Torismondo, Garci,‖ grand maître de la mer,Harizetta, Wermond,‖ Barbo, l'homme égrégore,Juan, prince de Héas,‖ Guy, comte de Bigorre,Blas-el-Matador, Gil,‖ Francavel, Favilla,Et qu'enfin c'est un flot‖ terrible qui vient là,Devant toutes ces mains‖ dans tant d'horreurs trempées,On n'a pas songé même‖ à courir aux épées ;On sent qu'en cet essaim‖ que la rage assembla,Chaque monstre est un grain‖ de cendre d'Attila,Qu'ils sont fléaux, qu'ils ont‖ en eux l'esprit de guerre ;Qu'ouverts comme Oyarzun,‖ fermés comme Figuère,Tous les bourgs sont égaux‖ devant l'effrayant volDe ces chauves-souris‖ du noir ciel espagnol,Et que tours et créneaux‖ croulent comme des rêvesAu tourbillonnement‖ farouche de leurs glaives ;Nul ne résiste ; on meurt.‖ Tant d'hommes poursuivis !Pas une ville n'a‖ dressé son pont-levis,Croyant fléchir les rois‖ écumants de victoirePar l'acceptation‖ tremblante de leur gloire.On se cache, on s'enfuit,‖ chacun avec les siens.Ils ont vers Gesufal‖ envoyé leurs anciens,Pieds nus, la corde au cou,‖ criant miséricorde ;Fidèle à sa promesse,‖ il a serré la corde.On n'a pas même à Reuss,‖ ô fureur de ces rois !Épargné le couvent‖ des Filles de la Croix ;Comme on force un fermoir‖ pour feuilleter un livre,Ils en ont fait briser‖ la porte au soldat ivre.Hélas ! Christ abritait‖ sous un mur élevéCes anges où Marie‖ est lisible, où l'aveEst écrit, mot divin,‖ sur des pages fidèles,Vierges pures ayant‖ la Vierge sainte en elles,Reliure d'ivoire‖ à l'exemplaire d'or !La grille ouverte, ils ont‖ franchi le corridor ;Les normes frémissaient‖ au fond du sanctuaire ;En vain le couvent sombre‖ agitait son suaire,En vain grondait au seuil‖ le vieux foudre romain,En vain l'abbesse, blanche,‖ en deuil, la crosse en main,Sinistre, protégeait‖ son tremblant troupeau d'âmes ;Devant des mécréants,‖ des saintes sont des femmes ;L'homme parfois à Dieu‖ jette d'affreux défis ;L'autel, l'horreur du lieu,‖ le sanglant crucifix,Le cloître avec sa nuit,‖ l'abbesse avec sa crosse,Tout s'est évanoui‖ dans un rire féroce.Et ceci fut l'exploit‖ de Blas-el-Matador.

Partout on voit l'alcade‖ et le corrégidorPendus, leurs noms au dos,‖ à la potence vile,L'un devant son hameau,‖ l'autre devant sa ville.

Tous les bourgs ont tendu‖ leurs gorges au couteau.Chagres, comme le reste,‖ est mort sur son coteau,O deuil ! ce fut pendant‖ une journée entière,Entre les parapets‖ de l'étroit pont de pierreQue bâtit là Crassus,‖ lieutenant de César,Comme l'écrasement‖ d'un peuple sous un char.Ils voulaient s'évader,‖ les manants misérables ;Mais les pointes d'épée,‖ âpres, inexorables,Comme des becs de flamme,‖ accouraient derrière eux ;Les bras levés, les cris,‖ les pleurs étaient affreux ;On n'avait jamais vu‖ peut-être une contréeD'un tel rayonnement‖ de meurtre pénétrée ;Le pont, d'un bout à l'autre,‖ était un cliquetis ;Les soldats arrachaient‖ aux mères leurs petits ;Et l'on voyait tomber‖ morts et vivants dans l'Èbre,Pêle-mêle et pour tous,‖ hélas ! ce pont funèbreQui sortait de la ville,‖ entrait dans le tombeau.

VI

Le couchant empourpra‖ le mont Tibidabo ;Le soir vint ; tirant l'âne‖ obstiné qui recule,Le soldat se remit‖ en route au crépuscule,Heure trouble assortie‖ au cri du chat-huant ;Lourds de butin, le long‖ des chemins saluantLes images des saints‖ que les passants vénèrent,Vainqueurs, sanglants, joyeux,‖ les rois s'en retournèrentChacun avec ses gens,‖ chacun vers son état ;Et, reflet du couchant,‖ ou bien de l'attentat,La chaîne des vieux monts,‖ funeste et vaste bouge,Apparaissait, dans l'ombre‖ horrible, toute rouge ;On eût dit que, tandis‖ qu'en bas on triomphait,Quelque archange, vengeur‖ de la plaine, avait faitRemonter tout ce sang‖ au front de la montagne.Chaque bande, à travers‖ la brumeuse campagne,Dans des directions‖ diverses s'enfonça.Ceux-là vers Roncevaux,‖ ceux-ci vers Tolosa ;Et les pillards tâtaient‖ leurs sacs, de peur que l'ombreN'en fît tomber l'enflure‖ ou décroître le nombre,La crainte du voleur‖ étant d'être volé.Meurtre du laboureur‖ et pillage du blé,La journée était bonne,‖ et les files de lancesSerpentaient dans les champs‖ pleins de sombres silences ;Les montagnards disaient :‖ Quel beau coup de filet !Après avoir tué‖ la plaine qui râlait,Ils rentraient dans leurs monts,‖ comme une flotte au havre,Et, riant et chantant,‖ s'éloignaient du cadavre.On vit leurs dos confus‖ reluire quelque temps,Et leurs rangs se grouper‖ sous les drapeaux flottants,Ainsi que des chaînons‖ ténébreux se resserrent ;Puis ces farouches voix‖ dans la nuit s'effacèrent.

VII

Le pont de Crassus, morne‖ et tout mouillé de sang,Resta désert.Alors, tragique et se dressant,Le mendiant, tendant‖ ses deux main ; décharnées,Montra sa souquenille‖ immonde aux Pyrénées,Et cria dans l'abîme‖ et dans l'immensité :— Confrontez-vous. Sentez‖ votre fraternité,O mont superbe, ô loque‖ infâme ! neige, boue !Comparez, sous le vent‖ des cieux qui les secoue,Toi, tes nuages noirs,‖ toi, tes haillons hideux,O guenille, ô montagne ;‖ et cachez toutes deux,Pendant que les vivants‖ se traînent sur leurs ventres,Toi, les poux dans tes trous,‖ toi, les rois dans tes antres !

Versification

Forme
Distiques
Rimes
159((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a frémissante / soixante féminine, classiqueb savait / revêt masculine, classiquec journées / Pyrénées féminine, classiqueb saison / horizon masculine, classiquec monticule / crépuscule féminine, classiquea rampants / serpents masculine, classiqueb forteresse / dresse féminine, classiqueb aragonaux / créneaux masculine, classiquec l'aurore / encore féminine, classiqued yeux / monstrueux masculine, classiquee tombe / surplombe féminine, classiquef soit / étroit masculine, classiqueg maître / d'être féminine, classiqueh absous / au-dessous masculine, classiquei humaine / peine féminine, classiquej orgueil / deuil masculine, classiquek mortelle / dételle féminine, classiquel pas / trépas masculine, classiquem s'écoulent / roulent féminine, classiquen fumier / cimier masculine, classiqueo bataille / paille féminine, classiquep l'ennui / lui masculine, classiqueq somme / homme féminine, classiquer dormant / écrasement masculine, classiques passe / l'espace féminine, classiquet outils / engloutis masculine, classiqueu termine / vermine féminine, classiquev limités / calamités masculine, classiquew enseigne / saigne féminine, classiquex entend-il / profil masculine, classiquey ténèbres / vertèbres féminine, classiquez pavé / ave masculine, classiquea s'achève / rêve féminine, classiqueb répond / pont masculine, classiquec guenille / chenille féminine, classiqued matin / latin masculine, classiquee psalmodiée / incendiée féminine, classiqueb jour / carrefour masculine, classiquec France / préférence féminine, classiqued Cahors / au-dehors masculine, classiquee cartilages / villages féminine, classiquef passé / fossé masculine, classiqueg porches / torches féminine, classiqueh spacieux / cieux masculine, classiquea brûle / matrulle féminine, classiqueb a / Cardona masculine, classiquec d'Andorre / adore féminine, classiqued donjons / Partageons masculine, classiquee faire / frère féminine, classiquef veux-tu / têtu masculine, classiqueg retire / rire féminine, classiqueh l'enfer / fer masculine, classiquei couronne / Girone féminine, classiquej bleu / feu masculine, classiqueb distraire / téméraire féminine, classiquec Hardi / Midi masculine, classiqued immense / Numance féminine, classiquee espion / Scipion masculine, classiquef infâme / flamme féminine, classiqueg fier / Lumbier masculine, classiqueh d'Alexandre / cendre féminine, équivalenteb Cruel / Teruel masculine, classiquec funèbres / ténèbres féminine, classiqued éleva / l’Alava masculine, classiquee golfe / Astolphe féminine, classiquef démons / monts masculine, classiqueg solfatare / guitare féminine, classiqueh chemin / main masculine, classiquei castagnettes / nettes féminine, classiquej aujourd'hui / appui masculine, classiquek passent / s'effacent féminine, classiquel l'enfant / étouffant masculine, classiquem moustiques / boutiques féminine, classiquen tiroirs / noirs masculine, classiqueo s'allonge / songe féminine, classiquea choix / fois masculine, classiqueb carnage / voisinage féminine, classiquec raison / l'horizon masculine, classiqued sombres / décombres féminine, classiquee rois / Navarrois masculine, classiquef terres / Monastères féminine, classiqueg droit / l'endroit masculine, classiqueh rue / charrue féminine, classiquei premier / fermier masculine, classiquej servantes / ventes féminine, classiquek lois / bourgeois masculine, classiquel cimeterres / notaires féminine, classiquem tabellion / lion masculine, classiquea délire / dire féminine, classiqueb descend / cent masculine, classiquec homme / économe féminine, classiqued excusés / assez masculine, classiquee Navarre / avare féminine, classiquef là-haut / tôt masculine, classiqueg sentences / potences féminine, classiqueh bourgs / tambours masculine, classiquei arcades / d'alcades féminine, classiquej descendus / entendus masculine, classiqueb famille / brille féminine, classiquec tour / jour masculine, classiqued plaine / vaine féminine, classiqueb frappons / ponts masculine, classiquec débandades / Mérindades féminine, classiqued fuit / luit masculine, classiquee ensemble / tremble féminine, classiquef Gilimer / mer masculine, classiqueg égrégore / Bigorre féminine, classiqueh Favilla / là masculine, équivalentei trempées / épées féminine, classiquej assembla / d'Attila masculine, classiquek guerre / Figuère féminine, classiquel vol / espagnol masculine, classiquem rêves / glaives féminine, classiquen poursuivis / pont-levis masculine, classiqueo victoire / gloire féminine, classiquep siens / anciens masculine, classiqueq miséricorde / corde féminine, classiquer rois / Croix masculine, classiques livre / ivre féminine, classiquet élevé / l'ave masculine, classiqueu fidèles / elles féminine, classiquev d'or / corridor masculine, classiquew sanctuaire / suaire féminine, classiquex romain / main masculine, classiquey d'âmes / femmes féminine, classiquez défis / crucifix masculine, classiquea crosse / féroce féminine, classiqueb Blas-el-Matador / corrégidor masculine, classiqueb vile / ville féminine, classiquea couteau / coteau masculine, classiqueb entière / pierre féminine, classiquec César / char masculine, classiqued misérables / inexorables féminine, classiquee eux / affreux masculine, classiquef contrée / pénétrée féminine, classiqueg cliquetis / petits masculine, classiqueh l'Èbre / funèbre féminine, classiquei tombeau / Tibidabo masculine, classiqueb recule / crépuscule féminine, classiquec chat-huant / saluant masculine, classiqued vénèrent / retournèrent féminine, classiquee état / l'attentat masculine, classiquef bouge / rouge féminine, classiqueg triomphait / fait masculine, classiqueh montagne / campagne féminine, classiquei s'enfonça / Tolosa masculine, classiquej l'ombre / nombre féminine, classiquek volé / blé masculine, classiquel lances / silences féminine, classiquem filet / râlait masculine, classiquen havre / cadavre féminine, classiqueo temps / flottants masculine, classiquep resserrent / s'effacèrent féminine, classiquea sang / désert / dressant masculine, classiqueb décharnées / Pyrénées féminine, classiquec l'immensité / fraternité masculine, non classiqued boue / secoue féminine, classiquee hideux / deux masculine, classiquef ventres / antres féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.6· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

319 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La légende des siècles, Calmann Lévy, 1877· numérisation Enclitt Encyclopédie de la littérature française (Rue des Écoles)· Sources